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Médecine thérapeutique / Pédiatrie

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Les difficultés de l’analyse du rythme cardiaque fœtal pendant l’accouchement Volume 25, numéro 1, Janvier-Février-Mars 2023

Illustrations


  • Figure 1.

  • Figure 2.

  • Figure 3.

  • Figure 4.
Auteurs
1 Hospices Civils de Lyon, Université Claude Bernard Lyon 1, Centre Hospitalier Lyon Sud, Service de gynécologie obstétrique, 165 Chemin du Grand Revoyet, 69495 Pierre Bénite
2 Hospices Civils de Lyon, Centre Hospitalier Lyon Sud, Service de gynécologie obstétrique, 165 Chemin du Grand Revoyet, 69495 Pierre Bénite
* Correspondance : M. Doret Dion

L’analyse du rythme cardiaque fœtal est un exercice difficile pour le clinicien. Elle est basée sur quatre paramètres (fréquence cardiaque, variabilité, accélérations, décélérations) combinés dans des classifications dans l’objectif est de prévenir l’acidose néonatale. Cette difficulté est mise en évidence par la concordance faible à modérée retrouvée entre cliniciens sur la classification du rythme cardiaque fœtal mais aussi la prise de décision qui en découle, et ce qu’elles que soient les classifications. L’analyse informatisée n’a pas montré de supériorité par rapport à l’analyse visuelle. Cependant, il reste difficile de distinguer la part du RCF et de la gestion médicale qui en découle (décision, délai de mise en œuvre) sur le devenir néonatal. Les moyens de surveillance complémentaires que sont les pH et lactates au scalp, l’oxymétrie ou l’analyse de l’ECG fœtal n’ont pas permis d’améliorer les performances du RCF. L’approche physiologique récemment développée est séduisante dans son concept. Les méthodes mathématiques incluant l’apprentissage par les outils d’intelligence artificielle restent pour l’heure du domaine de la recherche.

Si l’analyse visuelle du rythme cardiaque fœtal est aujourd’hui le pilier de la surveillance fœtale en France, il faut savoir y intégrer les paramètres, essentiellement cliniques et échographiques du suivi de grossesse et pendant le travail, qui permettent d’évaluer le niveau de risque propre à chaque fœtus et d’adapter la prise en charge. Au-delà de l’analyse proprement dite, un usage approprié du RCF (indication, durée, périodicité) en fonction du niveau de risque individualisé d’hypoxie fœtale et des événements cliniques et un enregistrement de bonne qualité sont des éléments essentiels de la surveillance fœtale au cours du travail.