John Libbey Eurotext

Médecine Thérapeutique / médecine de la reproduction

MENU

Y a-t-il un marqueur décisif de l’implantation embryonnaire ? Volume 9, numéro 6, Novembre-Décembre 2007

Auteurs
Université de Liège, Département de Gynécologie-Obstétrique, Centre de procréation médicalement assistée de Liège – CHR de la Citadelle, boulevard du 12 e de Ligne 1, 4000 Liège, Belgique, Université de Liège, Centre d’Immunologie, Institut de Pathologie CHU B23, 4000 Liège-Sart Tilman, Belgique, Université de Liège, Département de Gynécologie-Obstétrique, CHR de la Citadelle, boulevard du 12 e de Ligne, 4000 Liège, Belgique, Directeur de recherches au Fonds National de la Recherche Scientifique (FNRS) de Belgique. Université de Liège, Centre d’Immunologie, Institut de Pathologie CHU B23, 4000 Liège-Sart Tilman, Belgique

L’implantation de l’embryon dans l’endomètre maternel est un phénomène unique, associant un paradoxe immunologique (tolérance d’une allogreffe) et biologique (adhésion de deux épithéliums). La réussite du processus dynamique de l’implantation engage deux acteurs principaux : l’endomètre et l’embryon, tous deux dialoguant sur le mode juxtacrine/paracrine à l’interface materno-fœtale. Bien que les stéroïdes sexuels soient les acteurs de première ligne, une série de cytokines et de facteurs paracrines sont les médiateurs privilégiés du dialogue à l’interface materno-fœtale. L’endomètre est l’un des rares tissus dans lequel l’embryon ne peut pas s’implanter, excepté au cours d’une période limitée (fenêtre implantatoire), requise pour l’établissement du dialogue, notamment via le signal le plus spécifique de l’embryon : l’hormone chorionique gonadotrope (hCG). L’absence de contrôle de l’implantation reste un obstacle majeur au succès de la grossesse en procréation médicalement assistée. Lever une partie du voile qui persiste sur la cascade complexe des événements établis au moment de l’implantation et sur le rôle primordial de chacun des protagonistes (endomètre et embryon), c’est l’objectif que s’est fixé la recherche actuelle. L’étude de l’endomètre et de la réceptivité utérine peut ouvrir de nouvelles perspectives diagnostiques et thérapeutiques, tout comme la meilleure connaissance de l’embryon et de sa physiologie mais surtout du dialogue materno-fœtal. Pour comprendre ce processus complexe qu’est l’implantation, de nouvelles techniques sont maintenant à la disposition des chercheurs. Les défis de la recherche du futur seront d’élucider le tableau complet des différents facteurs qui influencent l’implantation et d’identifier des marqueurs fiables d’implantation pathologique ou défectueuse. La mise en évidence de tels biomarqueurs révolutionnerait la pratique clinique dans le domaine de l’infertilité mais aussi dans le cadre de pathologies de l’implantation.