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Médecine de la Reproduction

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L’impact de l’infertilité féminine dans la survenue de malformations congénitales après assistance médicale à la procréation Volume 24, numéro 1, Janvier-Février-Mars 2022

Illustrations

  • Figure 1.
  • Figure 2.
  • Figure 3.
Auteurs
1 Hôpital de Dijon, université de Bourgogne-Franche-Comté, laboratoire de biologie de la reproduction-Cecos, Dijon, France
2 Unilabs, direction médicale, Clichy-La-Garenne, France
3 Centre d’assistance médicale à la procréation, biologie de la reproduction, CHU Amiens, France
4 Centre d’assistance médicale à la procréation, gynécologie obstétrique, médecine de la reproduction, université Paris 7 Diderot, groupe hospitalier Bichat Claude-Bernard, AP-HP, Paris, France
5 Service de médecine et biologie de la reproduction, hôpital Saint-Joseph, Marseille, France
6 Inserm, équipe lipodystrophies génétiques et acquises, service de biologie de la reproduction-CECOS, Saint-Antoine Research center, Sorbonne université, hôpital Tenon, AP-HP, Paris, France
7 Diagnostic anténatal, gynécologie obstétrique, université Paris 7 Diderot, groupe hospitalier Bichat Claude-Bernard, AP-HP, Paris, France
8 Unité de génétique clinique de La Muette, Paris, France
9 Agence de la biomédecine, La Plaine Saint Denis, France

La fécondation in vitro (FIV) et l’insémination intrautérine (IIU) induisent-elles un accroissement du risque d’anomalies congénitales ? Il s’agit là d’une question majeure, à laquelle la plupart des études épidémiologiques disponibles semblent hélas répondre positivement. Ces résultats découlent cependant de données obtenues à la naissance ou pendant la période néonatale, sur des populations de tailles réduites, et surtout sans intégrer le rôle possible de l’infertilité féminine sous-jacente, facteur de confusion potentiel. À partir de la base de données du Système national de santé français, nous avons réalisé une analyse comparative de toutes les naissances singletons en France sur une période de cinq ans (2013-2017), par conception naturelle (CN), un transfert d’embryon (ET) ou FIV. Au total, 3 501 496 naissances singletons ont été incluses (3 417 089 CN, 20 218 IIU et 64 188 ET). Les risques de malformations congénitales majeures (CIM-10) ont été étudiés en fonction du mode de conception en analyses multivariées à l’aide de modèles de régression logistique multiple ajustés en fonction de l’âge maternel, de la primiparité,de l’obésité, du tabagisme, des antécédents d’hypertension artérielle ou de diabète et de l’infertilité féminine. La prévalence des malformations après ET était significativement plus élevée qu’après CN, avec des odds ratio ajustés (aOR) de 1,15 et 1,13. Le risque global était en revanche similaire dans les groupes IIU et NC (aOR de 1,01). Une augmentation indépendante et globale du risque était observée en présence d’une endométriose (aOR de 1,16), d’un syndrome des ovaires polykystiques (1,20) ou d’une insuffisance ovarienne précoce (1,52). Cette étude révèle donc que les causes d’infertilité maternelle sont associées à un risque accru d’anomalies congénitales, s’ajoutant à celui lié à la FIV.