John Libbey Eurotext

Médecine de la Reproduction

MENU

État de santé somatique des enfants conçus après assistance médicale à la procréation : un panorama d’ensemble Volume 22, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2020

Illustrations

  • Figure 1
Auteurs
1 CHU Dijon Bourgogne, laboratoire de biologie de la reproduction, Cecos, Dijon, France
2 Unité Inserm 1231, Dijon, France
3 CHU Dijon Bourgogne, gynécologie-obstétrique, Dijon, France
* Tirés à part

Depuis la naissance du premier enfant conçu par fécondation in vitro, en 1978, on observe une augmentation constante et rapide du nombre de couples qui ont recours aux techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP) pour difficultés de procréation. Plus de 7 millions d’enfants sont nés grâce à ces techniques de par le monde, représentant 2 à 6 % des naissances totales en Europe et États-Unis. Preuve qu’en un peu plus d’une génération, les sociétés occidentales ont parfaitement intégré ce mode de conception. Pourtant, les conséquences et les risques de l’AMP à court et à long terme sur la santé des enfants, sont toujours source d’interrogations. Comme nous allons le voir, bien que ce sujet reste complexe à étudier et qu’il existe des difficultés méthodologiques, plusieurs études ont identifié une augmentation des risques – par rapport à la population générale – de prématurité, d’hypotrophie, de mortalité néonatale et de certaines malformations congénitales, telles que les pathologies cardiovasculaires ou liées à l’empreinte sans que l’on puisse encore réellement déterminer les facteurs en cause, à savoir ceux liés aux techniques d’AMP elles-mêmes et/ou à l’infertilité des couples. Toutefois, les risques absolus restent modérés et la prévalence de ces pathologies faible. Après ajustement sur les facteurs confondants, les données sont rassurantes, avec un développement staturopondéral, cognitif et psychomoteur équivalent à celui d’enfants conçus naturellement. Il existerait un risque plus élevé de pathologies chroniques à l’âge adulte, ainsi que de cancer, notamment hématologique et neurologique, qui demande encore toute notre vigilance et un suivi à long terme de ces enfants. Ces investigations sont nécessaires pour déchiffrer les processus physiopathologiques en cause.