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Médecine de la Reproduction

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Effets de la chirurgie bariatrique sur les symptômes et les complications du syndrome des ovaires micropolykystiques Volume 23, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2021

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 Centre d’assistance médicale à la procréation, clinique Mathilde, Rouen, France
2 Centre de chirurgie de l’obésité, service de chirurgie digestive, clinique Mathilde, Rouen, France
* Tirés à part

Les conséquences de l’ovaire micropolykystique (SOPK) sont aggravées par l’obésité. La prise en charge hygiénodiététique en est le traitement de première intention, mais son efficacité est limitée en cas d’obésité sévère. La chirurgie bariatrique est indiquée chez les patientes dont l’indice de masse corporelle (IMC) dépasse 40 kg/m2 – et ni le SOPK, ni l’infertilité ne sont considérés comme des comorbidités permettant d’abaisser ce seuil à 35 kg/m2. L’incidence du SOPK après la chirurgie bariatrique passe de 45,6 à 6,8 % et celle des cycles irréguliers chute de 56,2 à 7,1 %. Le taux d’androgènes diminue et la sex hormone-binding globulin (SHBG) augmente, entraînant une baisse de la testostérone libre. L’hirsutisme diminue chez 30 à 80 % des patientes et le bilan métabolique se normalise en un an chez presque toutes les patientes. La fertilité spontanée des patientes atteintes de SOPK est significativement améliorée et 22 % des patientes SOPK préalablement infertiles obtiennent une grossesse spontanée après chirurgie. En fécondation in vitro avec injection intracytoplasmique de spermatozoïde, le pronostic des femmes préalablement opérées est le même que celui des femmes de même poids au moment de la tentative et qui n’ont pas cet antécédent, et meilleur que celui des femmes obèses : respectivement 22,9, 25,9 et 12 % de naissances vivantes à l’issue de la première tentative. L’IMC est un facteur indépendant impactant les chances de naissances vivantes : la diminution de l’IMC de 1 kg/m2 permet d’améliorer les chances de naissances de 9 %. La réduction pondérale drastique consécutive à la chirurgie diminue le risque de complications obstétricales et néonatales liées à l’obésité mais un délai de 12 mois est recommandé avant de pouvoir envisager une grossesse ; le suivi multidisciplinaire de ces grossesses après chirurgie bariatrique est indispensable afin d’éviter les carences nutritionnelles et la reprise pondérale.