John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique / Endocrinologie

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Un gène pour « plusieurs » diabètes Volume 2, numéro 4, Juillet -Août 2000

Auteurs

Une jeune fille de 18 ans est adressée dans le service en novembre 1994 pour prise en charge d'un diabète extrêmement mal contrôlé. Le diabète a été découvert à l'âge de 14 ans à l'occasion d'un syndrome polyuro-polydipsique sans amaigrissement notable. La glycémie était de 5 g/L, mais il n'y avait pas de cétose. Après une insulinothérapie d'une semaine, un traitement oral, associant trois comprimés de metformine 850 mg et trois comprimés de glipizide par jour, a été instauré. En fait, tout traitement et toute surveillance ont été rapidement interrompus par la patiente. Lors de la première consultation dans le service, la glycémie à jeun est de 5,5 g/L et l'HbA1c est de 15,9 % (N 4,2-5,6 %). L'examen clinique est normal, le poids est normal (index de masse corporelle, IMC 22 kg/m2) et stable. Il existe des antécédents familiaux de diabète non insulinodépendant chez la mère de la patiente, découvert à l'âge de 20 ans en l'absence de surpoids et chez son grand-père paternel, tous deux étant traités par sulfamide hypoglycémiant (figure 1A). La reprise d'un traitement oral maximal (metformine 3 x 850 mg et glibenclamide 3 x 5 mg) permet d'obtenir une amélioration spectaculaire du contrôle glycémique avec une HbA1c de 6,1 %. Avec un recul de 4 ans, l'HbA1c reste modérément élevée de l'ordre de 8 %, du fait de la persistance de troubles des conduites alimentaires mais, en hospitalisation, les cycles glycémiques sont strictement normaux avec la survenue d'hypoglycémies modérées. Le retentissement du diabète se limite à une rétinopathie débutante marquée par quelques microanévrysmes bilatéraux. La présentation clinique inhabituelle pour un diabète de type 1 chez une adolescente, la longue durée d'évolution avec un déséquilibre majeur sans accident métabolique aigu et les antécédents familiaux ont conduit à rechercher un diabète de type MODY. Il existe une mutation (CGA --> TGA) du gène HNF 1-alpha au codon 171 dans l'exon 2, conduisant à un arrêt de synthèse protéique (G171X). L'étude familiale confirme la présence de la même mutation chez la mère et le grand-père maternel de la patiente.