John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique / Endocrinologie

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Le syndrome de Liddle Volume 2, numéro 4, Juillet -Août 2000

Auteurs

Le syndrome de Liddle est une forme rare d'hypertension artérielle monogénique de transmission autosomique dominante. Le premier cas, décrit par Liddle en 1963, était celui d'une jeune fille âgée de 16 ans, qui présentait une hypertension artérielle sévère s'accompagnant d'une hypokaliémie avec alcalose métabolique [1]. Son frère et sa sœur âgés respectivement de 14 et 19 ans avaient la même symptomatologie. Le tableau clinique était évocateur d'un hyperaldostéronisme primaire mais le profil hormonal était celui d'un hyporéninisme-hypoaldostéronisme sans hypersécrétion associée d'autres minéralocorticoïdes suggérant une réabsorption anormale du sodium indépendante de l'action des stéroïdes connus. La spironolactone (antagoniste du récepteur minéralocorticoïde) fut sans effet sur les chiffres de pression artérielle. L'hypertension artérielle et les troubles ioniques furent corrigés par le triamtérène (antagoniste du canal sodium épithélial) associé à une restriction sodée. En 1989, la même patiente développa une insuffisance rénale et bénéficia d'une transplantation rénale qui entraîna une guérison complète de la maladie témoignant d'une origine intrinsèque rénale de la pathologie [2]. L'ensemble de ces caractéristiques cliniques et biologiques très particulières, et leur transmission autosomique dominante suggéraient un mécanisme héritable unique à l'origine de la maladie (tableau 1). C'est l'équipe de Lifton qui, en 1994, mit en évidence une liaison génétique complète avec la portion du chromosome 16 portant les sous-unités beta et gamma du canal sodium épithélial amiloride-sensible (ENaC) et identifia la mutation codon-stop (R564stop) responsable de la maladie dans la famille originelle de Liddle [3]. Depuis, d'autres mutations betaENaC mais aussi gammaENaC ont été identifiées dans d'autres familles confirmant le rôle du domaine PY de la partie C-terminale des trois sous-unités de ENaC dans la régulation du nombre de sous-unités disponibles à la membrane basolatérale du tubule distal et collecteur.