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Médecine et Santé Tropicales

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Traitement chirurgical des mycétomes au Tchad : expérience de l’antenne médico-chirurgicale française déployée à N’Djamena Volume 29, numéro 2, Avril-Mai-Juin 2019

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
Auteurs
1 Service de chirurgie orthopédique traumatologique et reconstructrice des membres, HIA Percy, Clamart
2 4e Antenne chirurgicale aérotransportable
3 Service de chirurgie orthopédique et traumatologique, HIA Bégin, Saint-Mandé
4 Service de chirurgie orthopédique et traumatologique, HIA Desgenettes, Lyon
* Correspondance
  • Mots-clés : mycétome, pied de Madura, chirurgie, Tchad
  • DOI : 10.1684/mst.2019.0896
  • Page(s) : 164-9
  • Année de parution : 2019

Le mycétome est une pathologie sévissant principalement de part et d’autre du 15e parallèle nord. Cette pathologie touche des régions défavorisées avec un accès limité aux soins. Les principes généraux de son traitement ont peu évolué et restent mal connus. Nous avons analysé la prise en charge du mycétome par les chirurgiens militaires français déployés au Tchad dans le cadre des opérations Épervier et Barkhane.

Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive menée à partir de la cohorte des patients tchadiens opérés au titre de l’aide médicale aux populations à l’antenne médicochirurgicale de N’Djamena de 2007 à 2018. Cent trente-deux patients opérés pour un mycétome ont été inclus. Les paramètres du traitement initial ou des reprises chirurgicales ont été étudiés. Le suivi postopératoire était d’au moins six mois.

Sur 132 patients, le traitement a été radical par amputation dans 87 (66 %) cas. Onze (8,3 %) patients ont été réopérés. Dans sept (5 %) cas il s’agissait d’une reprise pour récidive. Les récidives survinrent toutes au membre inférieur. Le taux de récidive après exérèse était de 10,2 % (5/49) contre 2,3 % après amputation (2/87).

En l’absence de traitement médical efficace et accessible, la chirurgie reste le traitement de base du mycétome. La chirurgie conservatrice doit systématiquement être discutée. Le traitement radical est le seul moyen fiable de guérir définitivement les patients vus tardivement. Elle ne doit pas être proposée trop tôt car la fonction du membre est longtemps préservée.