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Médecine et Santé Tropicales

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État de mal épileptique sur encéphalopathie hypertensive du sujet noir africain : une entité rare à ne pas méconnaître Volume 29, numéro 2, Avril-Mai-Juin 2019

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
Auteurs
1 Service d’anesthésie-réanimation, CHU « Le Luxembourg », Bamako, Mali
2 Département d’anesthésie-réanimation-médecine d’urgence, CHU Gabriel-Touré, Bamako, Mali
3 Service d’anesthésie-réanimation, CHU Centre national d’odonto-stomatologie (CNOS), Bamako, Mali
4 Département d’anesthésie-réanimation CHU « Point G », Bamako, Mali
5 Service de cardiologie, CHU Hôpital du Mali, Bamako, Mali
6 CHU Centre national d’odontostomatologie, Bamako, Mali
* Correspondance
  • Mots-clés : encéphalopathie hypertensive, hypertension artérielle, état de mal épileptique, Mali
  • DOI : 10.1684/mst.2019.0893
  • Page(s) : 170-4
  • Année de parution : 2019

La gravité d’une élévation tensionnelle est liée à la présence d’une complication viscérale grave, mettant en jeu le pronostic vital à court terme, plus que le niveau de pression artérielle. Une urgence hypertensive se définit par la présence d’une hypertension artérielle (HTA) associée à une souffrance viscérale aigue. Les particularités de l’hypertension artérielle du sujet noir pourraient relativement favoriser la survenue plus fréquente de ces urgences hypertensives notamment avec souffrance neurologique.

À travers une étude de dossier rétrospective, nous rapportons notre expérience et faisons ressortir les particularités pronostiques du sujet noir africain.

Elle s’est intéressée aux dossiers de patients admis pour urgence hypertensive avec souffrance cérébrale. Trois patients y ont été inclus. Ils avaient 27, 47 et 59 ans, tous admis en réanimation pour état de mal épileptique. En moyenne, ils avaient une pression artérielle moyenne (PAM) à 171 mmHG. La conduite en réanimation a été intubation, ventilation, mise sous coma barbiturique et traitement antihypertenseur. L’évolution était favorable, la durée moyenne du séjour était de 5 jours.

La fréquence de survenue d’une urgence hypertensive varie selon l’âge, l’ethnie et la période étudiée. Les sujets noirs sont souvent porteurs d’HTA plus sévère, survenant à un âge plus précoce. L’encéphalopathie hypertensive peut survenir chez des patients hypertendus chroniques ou non. En l’absence de traitement, l’encéphalopathie progresse vers un coma qui peut être rapidement fatal. L’évolution spontanée est catastrophique (survie 10-20 % à un an), et plus favorable avec un traitement adéquat (survie 60-80 % à cinq ans).