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Bien-être des médecins généralistes. État des lieux de leurs conditions d’exercice et de prise en charge de leur santé Volume 19, numéro 8, Octobre 2023

Illustrations


  • Tableau 2.

  • Tableau 3.

  • Figure 1.

  • Figure 2.

Tableaux

Auteurs
1 Université Angers, Faculté de santé, Département de médecine générale, 49000 Angers
2 Université Paris Cité, Département de Médecine Générale, 75005 Paris
3 Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Département de Médecine Générale, 78180 Montigny-Le-Bretonneux
4 Médecin généraliste, 77400 Lagny-sur-Marne
5 Université Angers, Université Rennes, EHESP, [CHU Angers], Inserm, IRSET, ESTER, SFR ICAT, 49000 Angers
Correspondance : G. Valente
gabrielle.valente1@gmail.com

Prendre en compte la santé des soignants est un axe de la certification périodique. Au-delà de son bénéfice propre, le bien-être des médecins généralistes est important pour la pérennité et la qualité du système de soins. Ce travail s’intéresse à des composantes spécifiques de leur qualité de vie : leurs conditions de travail et leur façon de se soigner.

Méthodes

Étude quantitative transversale, via un auto-questionnaire de 39 questions diffusé aux médecins généralistes français inscrits dans la base du Collège de la Médecine Générale, durant le premier trimestre 2022. Des analyses descriptives et en sous-groupe ont été réalisées.

Résultats

508 questionnaires ont été analysés, soit un taux de réponse de 13,9 %.

Les répondants étaient majoritairement des femmes (60 %) et jeunes médecins (46 % ont moins de 40 ans), exerçant de façon groupée (81 %) et libérale exclusive (77 %). Deux tiers d’entre eux étaient impliqués dans la formation d’étudiants.

Le temps de soins hebdomadaire moyen était de 39,2 heures, moindre chez les jeunes et les salariés.

36 % des répondants disposaient d’un médecin traitant tiers. C’était plus fréquent chez les femmes (p = 0,046), jeunes médecins (p < 0,001) et ceux ayant un temps de travail soignant moindre (p = 0,028). Ils le consultaient rarement ; en cas de besoin, ils privilégiaient le soutien social, mais aussi les médicaments (pour 16 % d’entre eux).

L’auto-évaluation du bien-être professionnel (6,6/10) et de la santé globale (7,4/10) étaient liées entre elles (p < 0,001). La diminution du temps de travail soignant était corrélée à leur amélioration (p < 0,001). Le travail en groupe était lié à une meilleure santé perçue (p = 0,02). 79 % des médecins avaient repéré au moins un confrère en difficulté.

Conclusion

Le temps de travail, quoiqu’inférieur ici aux données d’autres travaux, restait la principale variable liée au bien-être professionnel et à la santé globale des médecins généralistes. La déclaration d’un médecin traitant tiers, de moins en moins rare, n’avait pas de lien avec la santé perçue, peut-être à cause de la rareté des consultations médicales. Garder cette distinction à l’esprit permettra d’envisager des solutions adaptées pour améliorer le soin aux médecins généralistes.