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Traumatismes migratoires chez les mineurs non accompagnés en Afrique. Analyse des facteurs de vulnérabilité et d’adaptation Volume 95, numéro 8, Octobre 2019

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  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Psychiatre, Hôpital Pierre Janet, Groupe hospitalier du Havre, 47 rue de Tourneville, 76600 Le Havre, France
Doctorante en psychologie, Université Paris 13, Sorbonne Paris Cité, Paris, France
2 Pédopsychiatre, Maison de Solenn, MDA Cochin, AP-HP, Université Paris Descartes, Paris, France
3 Psychologue clinicien, docteur en psychologie clinique, Université de Picardie Jules Verne, Amiens, France
4 Professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Université Paris 13, Cesp-Inserm, AP-HP, Hôpital Avicenne, Service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, Bobigny, France
5 Professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Chef de service de la Maison de Solenn-Maison des Adolescents de Cochin, APHP, F-75014 Paris, France
Université de Paris, PCPP, F-92100 Boulogne-Billancourt, France
CESP, Fac. de médecine - Univ. Paris-Sud, Fac. de médecine - UVSQ, Inserm, Université Paris-Saclay, 94805 Villejuif, France
* Tirés à part

Les auteurs de cette étude ont exploré les conceptions de la notion de mineurs non-accompagnés (MNA) au Sénégal et analysé les ressources et stratégies d’adaptation de ces mineurs confrontés aux traumatismes migratoires. Les entretiens menés auprès des principaux acteurs de la prise en charge de ces mineurs ont montré que ces derniers sont perçus comme des enfants en difficulté autant que des enfants nationaux en difficulté. L’organisation communautaire de l’accueil de ces enfants s’apparente à une reconstitution de la cellule familiale brisée par la séparation migratoire et forme une niche de partage, de solidarité et de soutien. La prise en charge est peu centrée sur les souffrances intrapsychiques de ces mineurs. Il ressort par ailleurs des entretiens réalisés auprès de trois mineurs que leur adaptation était renforcée par le soutien des tuteurs de résilience, par les activités parascolaires et l’apprentissage des langues locales. Les auteurs ont également noté que le recours aux nourritures du pays d’origine et à la langue maternelle contribuait à la régulation émotionnelle des souvenirs traumatiques et à la reconstruction identitaire de ces mineurs. Ces résultats pourraient contribuer à améliorer les dispositifs de prise en charge des MNA sur le plan international.

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