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L'Information Psychiatrique

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Cent ans de démence précoce : grandeur et décadence d’une maladie de la volonté Volume 95, numéro 2, Février-Mars 2019

Auteur
1 Vice-président, Association française des psychiatres d’exercice privé (Afpep), 21 rue du Terrage, 75010 Paris, France
2 Psychiatre libéral, 50 avenue de Saxe, 75015 Paris
3 CMPP de l’UGECAM, 16 impasse Delépine, 75011 Paris
4 Section on History of Psychiatry, World Psychiatric Association (WPA), Hôpital universitaire de psychiatrie, 2 Chemin du Petit Bel-Air, 1226 Thônex, Genève, Suisse
* Correspondance
  • Mots-clés : démence précoce, schizophrénie, histoire de la psychiatrie, nosologie, terminologie
  • DOI : 10.1684/ipe.2019.1916
  • Page(s) : 122-6
  • Année de parution : 2019

Ancêtre de la schizophrénie, le concept de démence précoce fut construit à partir des travaux de Pinel sur la démence, espèce mentale au langage incohérent. Observée par Esquirol aux différents âges, dont l’adolescence, Morel composa l’expression démence précoce (1852). Kahlbaum forgea la catatonie et l’hébéphrénie, mais elles furent ensuite redéfinies par Pick comme des formes modifiées de démence précoce. Kraepelin la développera dans les différentes éditions de son Manuel (1883-1913), en y intégrant des recherches, des statistiques, et en la présentant comme une maladie de la volonté. Il en reste sa description classique, renommée par Bleuler en schizophrénie, comme le défendit Henri Ey.