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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Transplantation cardiaque et hépatites virales B et C à l’ère des greffes dérogatoires Volume 16, numéro 3, mai-juin 2009

Auteurs
Service d’hépatogastroentérologie, hôpital de La Pitié-Salpêtrière, 75013 Paris, France, Service de chirurgie cardiothoracique, hôpital de La Pitié-Salpêtrière, 75013 Paris, France

La possibilité, depuis décembre 2005, de pratiquer des transplantations cardiaques dérogatoires avec des donneurs porteurs de marqueurs d’infection ancienne par le virus de l’hépatite B (VHB) ou d’anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite C (VHC) est une option intéressante chez les malades présentant un pronostic vital engagé. Les risques à long terme de cette nouvelle stratégie sont en cours d’évaluation, mais la forte prévalence des cas de contamination de novo, au début des années 1990, a permis de mieux évaluer le pronostic des hépatites virales B et C en transplantation cardiaque. Si des mesures prophylactiques simples ont limité le risque d’infection de novo, les cas de transplantation chez un receveur contaminé vont augmenter en France avec la prévalence et le meilleur contrôle des infections virales B et C. Avant transplantation, il est donc nécessaire d’améliorer les techniques permettant de dépister une fibrose hépatique sévère chez le receveur et de discuter de la pertinence d’une transplantation cardiaque seule. En cas d’infection virale de novo ou ancienne, le risque d’évolution (sub)fulminante vers une fibrose hépatique cholestasiante (FHC) après transplantation est faible. En revanche, le risque d’évolution vers une cirrhose et ses complications, responsable d’une surmortalité hépatique à long terme, est plus important. Sur le plan thérapeutique, les analogues nucléos(t)idiques sont efficaces en cas d’infection virale B, et les immunoglobulines anti-HBs préviennent tout risque de réactivation en cas de donneur à risque (Ac anti-HBc positifs). En cas d’infection virale C, la contre-indication absolue de l’interféron et l’absence de traitement efficace restent problématiques en attendant l’arrivée de nouvelles classes thérapeutiques. Pour toutes ces raisons, une collaboration multidisciplinaire est nécessaire.