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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Traitement des tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas Volume 13, numéro 1, Janvier-Février 2006

Auteur
Service de chirurgie digestive, Fédération des Spécialités digestives, hôpital Edouard Herriot, Lyon

Le traitement a pour but de soulager les symptômes, mais aussi et surtout d’éradiquer l’ensemble du tissu tumoral dans ses différentes variantes histologiques : carcinome « invasif », carcinome « non invasif », revêtement adénomateux dysplasique ou état frontière (« borderline »), encore bénin, mais dont la transformation en cancer se fera à plus ou moins long terme. Le principe de la chirurgie est d’être en adéquation avec l’extension lésionnelle. L’évaluation préthérapeutique par l’imagerie, l’échoendoscopie et dans des cas sélectionnés par l’endoscopie interventionnelle est essentielle. La distinction de différents types anatomiques a une incidence sur le risque de dégénérescence et l’orientation thérapeutique. L’abstention thérapeutique est possible dans des cas sélectionnés en maintenant une surveillance systématique par cholangio-pancréatographie par résonance magnétique et échoendoscopie : patients asymptomatiques, forme de type canaux secondaires, absence de critères de malignité, exérèse justifiant un geste large voire total, risque opératoire élevé. La résécabilité est élevée et la règle générale est de proposer une indication opératoire de principe aux patients présentant une forme de type canal principal et à ceux présentant une atteinte combinée du canal principal et des canaux secondaires compte tenu du risque de dégénérescence cancéreuse qui varie de 40 à 60 % des cas selon les séries. De même, l’indication opératoire est posée pour les formes limitées aux canaux secondaires, dès lors que la taille maximum de la lésion est égale ou supérieure à 3 cm. La surveillance postopératoire au long cours s’impose afin de s’assurer de l’absence d’évolutivité lésionnelle au niveau du ou des moignons pancréatiques après pancréatectomie partielle. Le pronostic des patients présentant des lésions qualifiées d’adénome, de lésion frontière (borderline) est très favorable, alors que celui des patients présentant un carcinome invasif se rapproche de celui de l’adénocarcinome exocrine.