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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Traitement de l’infection virale B chronique. Le point de vue de l'hépatologue sur la tolérance rénale Volume 17, numéro 1, janvier-février 2010

Auteur
Hôpital Cochin INSERM U-567 Institut Cochin Université Paris Descartes APHP Unité d’Hépatologie Paris France

La sévérité potentielle des hépatopathies liées au virus de l’hépatite B (VHB) (risque de survenue de cirrhose dans environ 20 % des cas et de ses complications carcinomateuses ou non) est liée à la persistance d’une multiplication virale à l’origine de l’activité nécrotico-inflammatoire et de la fibrose. Il importe de réduire la réplication virale. La physiopathogénie immuno-médiée de l’infection virale B justifie les approches thérapeutiques combinées qui associent, d’une part, les antiviraux pour réduire l’expression des antigènes viraux (analogues nucléos(t)idiques et interféron), d’autre part, les immunostimulants pour améliorer une lymphocytotoxicité suboptimale et permettre la clairance des hépatocytes infectés. Seule l’efficacité de l’interféron est établie. L’objectif du traitement antiviral est, dans tous les cas, une indétectabilité rapide de l’ADN du VHB réduisant les risques viraux (résistance/échappement) et hépatiques (complications de la cirrhose). Tout patient ayant une infection virale B avec activité ou fibrose significative (A>1 et/ou F>1) et/ou des transaminases élevées et un ADN du VHB détectable doit recevoir un traitement antiviral. En 2010, celui-ci repose principalement sur l’entécavir ou le ténofovir qui sont efficaces et associés à un faible taux de résistance du fait de leur barrière génétique élevée. Les deux problèmes principaux qu’ils posent sont l’observance, indispensable à l’obtention d’une indétectabilité durable du VHB et la tolérance, du fait d’une prescription au très long cours voire définitive. Si les chances de séroconversion Ag HBs/anti-HBs existent, elles restent faibles.La prise en charge d’une infection chronique par le VHB inclut de façon parallèle le contrôle de la réplication, majoritairement par les analogues nucléos(t)idiques et la surveillance de son efficacité (indétectabilité de l’ADN du VHB, absence de résistance) et de sa tolérance : la néphrotoxicité potentielle des analogues de nucléotides en est l’un des aspects.