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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Syndrome de l’intestin irritable post‐infectieux après une épidémie de gastroentérite par contamination de l’eau à Walkerton Volume 12, numéro 6, Novembre-Décembre 2005

Auteurs
  • Page(s) : 436
  • Année de parution : 2005

Auteur(s) : Marshall JK, Thabane M, Garg AX, Macnanb J, Clark W, Howard J, et al.

Faits marquants de la motricité digestive au congrès de l’AGA 2005 à Chicago

Le rôle de l’inflammation est actuellement envisagé dans la physiopathologie complexe du syndrome de l’intestin irritable (SII). Un quart des malades hospitalisés pour une gastroentérite aiguë développeraient des troubles fonctionnels intestinaux 6 mois après l’épisode infectieux. Au sein de l’infiltrat inflammatoire de bas grade qui existe chez certains malades et qui entretiendrait les troubles de la contractilité musculaire à distance de l’infection, le mastocyte semble jouer un rôle déterminant sur la perception des douleurs digestives, notamment par l’effet de ses nombreux médiateurs. Cette première étude avait pour but de déterminer l’incidence du SII dans une cohorte de malades ayant eu une gastroentérite infectieuse à E. coli O157 : H7 dans les suites d’une contamination de l’eau municipale en mai 2000 en Ontario au Canada. Les résidents qui habitaient Walkerton en 2000 étaient invités à répondre à des questionnaires évaluant leur état digestif. Ils étaient exclus en cas de pathologie inflammatoire du tube digestif ou d’un SII connu avant l’épisode infectieux. Les données concernant la gastroentérite étaient obtenues d’après les rapports médicaux rédigés au cours des hospitalisations ou des consultations externes. Le diagnostic de gastroentérite était retenu si les malades avaient une culture des selles positive, et/ou une modification de la fréquence des selles. Sur 4 315 personnes sélectionnées dans l’étude, 2 043 ont été incluses (55,5 % de femmes, âge moyen 46,5 ± 17,4 ans). Parmi elles, 1 137 malades présentaient les critères qui confortaient le diagnostic d’épisode gastroentéritique. Le diagnostic de SII était significativement plus fréquent chez les malades ayant eu une infection digestive (33,5 vs 10,8 %, p < 0,001. En analyse multivariée, le jeune âge, le sexe féminin et la sévérité du tableau clinique initial constituaient des facteurs prédictifs de survenue d’un SII. Cette étude prospective de grande envergure confirme que le développement d’un SII est fréquent 2 à 3 ans après un épisode gastroentéritique. Les malades jeunes, de sexe féminin et dont le tableau infectieux est sévère ont un risque accru de développer un SII.