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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Stratégies thérapeutiques en monothérapie chez les patients Ag HBe positifs et négatifs Volume 14, supplément 5, Numéro spécial : Prise en charge de l’hépatite chronique B en 2007

Auteurs
Service d’Hépatologie, Inserm U773 CRB3, Université Paris VII, Hôpital Beaujon, 92110 Clichy

Le traitement de l’hépatite chronique B a nettement progressé au cours des dernières années. Nous disposons actuellement de plusieurs molécules pour le traitement de l’hépatite B chronique : les interférons alpha 2a et 2b (IFN), l’interféron pégylé alpha 2a (IFN-PEG α2a), la lamivudine, l’adéfovir, l’entécavir et bientôt la telbivudine. Chaque traitement présente des avantages et des inconvénients. L’IFN et l’IFN-PEG α2a peuvent induire une réponse virologique après une durée d’administration limitée. Cependant ces traitements sont efficaces chez une minorité de patients et entraînent de nombreux effets secondaires qui vont limiter leur tolérance. Les analogues nucléosidiques ou nucléotidiques ont l’avantage d’être administrés par voie orale, de présenter un excellent profil de résistance et une forte efficacité antivirale. Cependant, ces thérapies antivirales nécessitent une administration à long terme. En effet, l’interruption du traitement est associée à une réactivation virale et la réponse prolongée est rare hormis chez les patients Ag HBe positifs qui ont développé une séroconversion HBe au cours du traitement. Dans ces cas de séroconversion HBe, il est généralement recommandé de prolonger le traitement pendant une durée d’au moins 24 semaines avant son arrêt. L’efficacité de la lamivudine est limitée par l’émergence de mutants résistants à cette molécule. L’incidence de la résistance à l’adéfovir est faible, mais son efficacité antivirale n’est pas optimale. L’entécavir a récemment été approuvé en Europe pour traiter l’hépatite chronique B. Cette molécule antivirale présente une efficacité anti-VHB accrue, avec un profil de tolérance favorable et un taux d’incidence de la résistance très faible. La telbivudine semble montrer une efficacité antivirale supérieure et un taux de résistance inférieure à la lamivudine, mais son taux de résistance reste sensiblement supérieur aux autres traitements disponibles. Le ténofovir n’a pas encore obtenu d’autorisation pour le traitement de l’hépatite chronique B, mais plusieurs études suggèrent que son profil de résistance et son efficacité antivirale sont supérieurs à l’adéfovir. L’avenir du traitement de l’hépatite chronique B semble reposer sur l’utilisation de la combinaison de différents antiviraux. Davantage d’études, visant à évaluer l’efficacité de nouvelles combinaisons thérapeutiques comportant des antiviraux plus puissants et à mieux comprendre les mécanismes entraînant une résistance virale, sont à réaliser afin d’améliorer l’efficacité du traitement et à l’avenir, réduire ce fléau mondial que représente l’infection chronique par le VHB.