John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Prothèses colorectales : une controverse médico-chirurgicale fertile Volume 20, numéro 9, Novembre 2013

Auteurs
Centre hospitalier de Nice, Hôpital L’Archet 2, pôle digestif, 151 route de Saint-Antoine de Ginestière, BP 3079, 06202 Nice Cedex 3, France, Université de Sophia-Antipolis, Faculté de Médecine de Nice, 06000 Nice, France, CHU Amiens, département de chirurgie digestive et métabolique, 354 boulevard de Beauville, 80000 Amiens, France, CHU Rennes, Hôpital Pontchaillou, service des maladies de l’appareil digestif, 2 rue H le Guilloux, 35000 Rennes, France, CHRU Tours, Hôpital Trousseau, service d’hépato-gastroentérologie et de cancérologie digestive, 37044 Tours Cedex 09, France, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, service de chirurgie digestive et hépato-bilio-pancréatique ; Institut Universitaire de Cancérologie Pierre et Marie Curie (Paris VI), 75013 Paris, France, Hôpital de la Timone, service de gastroentérologie, 264 rue St Pierre, 13385 Marseille, France

L’insertion d’une prothèse colique par voie endoscopique en cas de cancer colique gauche occlusif apporte de nombreux avantages : elle présente des taux élevés de succès technique et clinique, réduit la morbi-mortalité précoce avec un rapport coût/efficience favorable. Elle peut s’envisager en « pont vers la chirurgie » en situation curative ou de manière définitive en situation palliative. La stratégie chirurgicale exclusive peut nécessiter plusieurs temps opératoires ; elle est associée à une morbi-mortalité postopératoire parfois élevée et à un pronostic immédiat péjoratif. L’équation pourrait être simple si certaines études prospectives randomisées comparatives, de méthodologie parfois discutable, n’avaient pas été défavorables au groupe de malades traités avec prothèse, entraînant dans leur sillage plusieurs méta-analyses négatives sur le sujet. De plus, certaines données physiopathologiques (dissémination tumorale cellulaire, modifications histologiques et micro-perforations liées à la prothèse) ont apporté quelques réserves quant à l’usage des prothèses notamment en situation curative. Le pronostic oncologique à long terme pourrait être moins bon après stratégie en « pont vers la chirurgie ». Cependant, la littérature disponible dans le domaine reste insuffisante et la controverse médico-chirurgicale bat son plein. Elle ne pourra trouver sa solution qu’à la lumière de nouvelles études comparatives bien menées, délaissant la controverse pour la discussion et l’entente médico-chirurgicale.