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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Pronostic du malade cirrhotique en réanimation Volume 12, numéro 6, Novembre-Décembre 2005

Auteurs
Service de Réanimation médicale, hôpital Jean Bernard, CHU Poitiers, 86021 Poitiers cedex

La proposition d’admission d’un patient cirrhotique en réanimation soulève fréquemment de la part des réanimateurs des réticences étant donné la forte probabilité de décès attribuée a priori à ces patients. En effet, la mortalité des malades cirrhotiques admis en réanimation est d’environ 50 %, soit un chiffre plus élevé que pour la population générale des malades en réanimation. Les facteurs le plus souvent associés à la mortalité sont : la présence de troubles hémodynamiques, la nécessité de ventilation artificielle, l’existence d’une insuffisance rénale aiguë. La coexistence de plusieurs défaillances viscérales à l’admission est associée à une très forte probabilité de décès. Les scores de gravité généralistes, Child-Pugh, IGS II ou APACHE II prédisent la mortalité, mais avec une précision insuffisante pour en faire des recommandations pour les décisions d’admission en réanimation. Des scores plus spécifiques ont été proposés pour prédire le pronostic de ces malades, mais leur intérêt doit être confirmé par d’autres études. L’admission en réanimation de malades cirrhotiques ayant peu ou pas d’insuffisance hépatique paraît donc justifiée. À l’inverse, la réanimation n’est a priori pas indiquée chez des malades ayant une insuffisance hépatique sévère, et présentant des défaillances viscérales multiples d’emblée. Dans les autres situations, la décision doit se faire au cas par cas. La nature de la complication, le profil évolutif de la maladie sous-jacente et la confrontation entre réanimateur et hépatologue doivent aider à la prise de décision.