John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Prise en charge nutritionnelle du patient cancéreux Volume 5, numéro 6, Novembre - Décembre 1998

Auteurs

La dénutrition est fréquente en cancérologie, secondaire aux modifications du métabolisme glucido-lipidique et protéique. Sa prévalence est très variable, dépendant non seulement de la topographie et de l'extension de la tumeur, mais également de la tolérance et des effets métaboliques des traitements anticancéreux. Son impact négatif sur le pronostic de la maladie et, chez le patient opéré, sur la morbidité et la mortalité postopératoires doivent inciter les cliniciens à évaluer soigneusement l'état nutritionnel des cancéreux, et à l'inclure dans le suivi. Cela est d'autant plus important qu'il semble maintenant démontré qu'une assistance nutritionnelle préopératoire peut améliorer le pronostic postopératoire en cas d'intervention chirurgicale majeure chez des malades très dénutris (en particulier ceux accusant une perte pondérale de plus de 10 % dans les 6 mois précédant la prise en charge). Si, dans cette situation, la place de la nutrition artificielle est relativement bien définie, son intérêt reste à démontrer chez des patients ne présentant pas d'altération significative du statut nutritionnel au moment du diagnostic ou de l'initiation du traitement, chez ceux traités par radiothérapie et/ou chimiothérapie seule, ou encore ceux pour lesquels seul un traitement palliatif est envisagé. De ce fait, mais aussi compte tenu des limites méthodologiques indiscutables de la plupart des travaux actuellement disponibles, les acteurs de la prise en charge des patients cancéreux doivent s'efforcer de conduire des protocoles de recherche plus rigoureux. A côté d'une meilleure appréciation des groupes de patients susceptibles de bénéficier ou au contraire de souffrir des effets d'une assistance nutritive, ces études permettraient certainement de mieux définir la nature du support nutritionnel requis et l'intérêt potentiel de nouveaux médicaments anti-anorexiants ou de nutriments spécifiques tels l'arginine et la glutamine, les acides nucléiques ou les acides gras de la série n-3.