John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Prise en charge de l’achalasie Volume 12, numéro 3, Mai-Juin 2005

Auteurs
Service d’Hépato Gastroentérologie, Hopital Cochin, 27 rue du Faubourg Saint Jacques, 75014 Paris

Le diagnostic d’achalasie de l’œsophage doit être évoqué devant une dysphagie capricieuse et intermittente. Il est confirmé par la manométrie même si la fibroscopie et le transit baryté sont normaux. Le critère indispensable au diagnostic est la perte complète du péristaltisme œsophagien alors que le défaut de relaxation et l’hypertonie du sphincter inférieur de l’œsophage (SIO) peuvent manquer. Chez un sujet âgé, surtout si les symptômes sont récents et responsables d’un amaigrissement rapide, l’échoendoscopie permet d’éliminer une pseudo-achalasie tumorale qui se traduit par les mêmes anomalies manométriques. Le traitement, toujours palliatif, a pour but de lever l’obstacle fonctionnel que représente le SIO. Le traitement médical et l’injection intrasphinctérienne de toxine botulique n’ont qu’un effet transitoire. Ils sont réservés aux patients peu symptomatiques ou ayant des contre-indications à un traitement plus radical. La dilatation pneumatique et la myotomie sous cœlioscopie associée à une valve anti-reflux sont les deux options thérapeutiques efficaces. En l’absence d’étude comparant ces deux techniques, il est d’usage de proposer la dilatation aux sujets les plus âgés, au-delà de 40 ans, et la chirurgie aux sujets jeunes, ou en cas de contre-indication (achalasie vigoureuse, diverticule épiphrénique) et d’échec de la dilatation. Le risque de carcinome épidermoïde est réel. Sa fréquence et l’influence du traitement ne sont cependant pas connues. Il n’existe pas actuellement de recommandations de surveillance systématique bien que le dépistage précoce du cancer puisse améliorer le pronostic catastrophique des formes symptomatiques.