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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Pourquoi le cancer colorectal développé sur colite chronique est-il différent du cancer colorectal sporadique ? Volume 26, numéro 4, Avril 2019

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
Auteurs
1 Hôpital Beaujon, Service de chirurgie colorectale, 100 boulevard du Général Leclerc, 92110 Clichy
2 Université Denis Diderot, Paris VII
3 Hôpital Beaujon, Service de gastro-entérologie et assistance nutritive, Clichy
4 Hôpital Beaujon, Service d’oncologie digestive, Clichy
5 Unité INSERM « Inflammation intestinale », Centre de recherche sur l’inflammation (CRI), U1149, Hôpital Bichat, Paris
* Correspondance
  • Mots-clés : cancer colorectal, maladie inflammatoire chronique intestinale, rectocolite hémorragique, maladie de Crohn, cancérogenèse
  • DOI : 10.1684/hpg.2019.1762
  • Page(s) : 390-4
  • Année de parution : 2019

Le cancer colorectal (CCR) développé sur colite chronique (rectocolite hémorragique ou maladie de Crohn) représente un sous-groupe très distinct du CCR sporadique. Sur le plan épidémiologique, l’âge de survenue moyen est d’environ vingt ans plus précoce. L’impact des traitements de fond des colites chroniques sur le risque de dégénérescence tumorale est peu connu en raison de la complexité de son évaluation. Or, la prise en charge préventive de ce cancer est essentielle mais demeure difficile comme le démontre un taux d’échec de détection des lésions pré-cancéreuses plus important dans cette forme de CCR que dans le CCR sporadique. L’histoire naturelle de la maladie est différente, la classique séquence adénome-cancer du CCR sporadique devient la séquence colite-dysplasie-cancer. Cette différence macroscopique se caractérise par des profils de tumeurs distincts en histologie, par des différences immunologiques et par une séquence mutationnelle inversée entre les deux types de CCR. Alors qu’une dysbiose est observée dans le CCR sur colite chronique et dans le CCR sporadique, des différences importantes existent dans la composition de la flore intestinale reflétant des mécanismes de cancérogenèse distincts. La compréhension de l’ensemble de ces différences constitue un enjeu majeur pour les évolutions thérapeutiques à venir tant sur les versants thérapeutiques purs que préventifs.