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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Polymorphismes génétiques et risque de carcinome hépatocellulaire sur cirrhose Volume 19, numéro 10, Décembre 2012

Auteurs
Hôpital Jean Verdier, service d’hépatologie, avenue du 14 Juillet, 93140 Bondy, France ; Université Paris 13/UFR SMBH, Bobigny, Inserm U773, CRB3, Université Paris 7, Paris, France, Inserm, UMR-674, Génomique fonctionnelle des tumeurs solides, IUH, Paris, F-75010, France, Université Paris Descartes, Labex Immuno-oncology, Sorbonne Paris Cité, Faculté de Médecine, Paris; Hôpital Européen Georges Pompidou, service d’oncologie, AP-HP, Paris, France

La carcinogenèse hépatique est un processus complexe et multifactoriel, au cours duquel des caractéristiques génétiques et environnementales contribuent à promouvoir la transformation maligne. Les patients atteints de cirrhose sont particulièrement exposés et justifient d’un dépistage périodique afin de détecter le développement précoce du carcinome hépatocellulaire (CHC). Le risque de CHC est, cependant, variable d’un patient à l’autre. L’identification des facteurs liés à l’hôte susceptibles de jouer un rôle important dans le développement du CHC pourrait améliorer notre compréhension des différentes voies biologiques impliquées dans la carcinogenèse hépatique ; de tels progrès permettraient également d’affiner la sélection des patients qui pourraient recevoir des mesures spécifiques de prévention ou chez qui des procédures particulières de dépistage ou de traitements pourraient être entreprises. De nombreuses études de type « gènes candidats » ont rapporté des associations entre des polymorphismes génétiques ( single nucleotide polymorphisms ou SNPs) et la présence d’un CHC chez des patients atteints de cirrhose. Plus récemment, les premières études d’association pangénomique ( genome-wide association studies ou GWAs) ont permis l’identification de loci a priori insoupçonnés qui pourraient être impliqués dans la tumorigenèse hépatique. Dans leur ensemble, ces études ont pu mettre en évidence des variants modulant le stress oxydant, le métabolisme du fer, les réponses inflammatoires et immunitaires, les mécanismes de réparation de l’ADN ou des systèmes impliqués dans la régulation du cycle cellulaire comme des traits génétiques susceptibles de modifier l’histoire naturelle des patients cirrhotiques et qui pourraient expliquer en partie les différences observées dans le risque de survenue du CHC. L’intégration de différents groupes de gènes dans des scores cliniques complexes pourraient dans un avenir proche permettre de définir un « risque génomique » de prédiction du cancer du foie développé chez les patients cirrhotiques.