John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Place de la transplantation hépatique dans la prise en charge des métastases hépatiques non résécables Article à paraître

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 Hôpital Beaujon, Service d’hépatologie, 100, boulevard du Général Leclerc, 92110 Clichy
2 Inserm UMR 1149, Centre de Recherche sur l’Inflammation, Université Paris-Diderot, 75018 Paris
3 Hôpital Pitié Salpêtrière, Sorbonne Université, Service de chirurgie digestive, hépato-biliopancréatique et transplantation hépatique, 47-83, boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris
* Correspondance
  • Mots-clés : transplantation hépatique, métastases hépatiques, tumeur neuroendocrine, cancer colorectal
  • DOI : 10.1684/hpg.2019.1790

Les métastases hépatiques sont classiquement une contre-indication à la transplantation hépatique (TH). Cependant, les tumeurs neuroendocrines ont une croissance lente, et plusieurs études de registre ont montré que la TH était associée à une survie globale prolongée chez les patients avec des métastases hépatiques non résécables de tumeur neuroendocrine digestive. Par conséquent, la TH a été validée dans cette indication comme exception au MELD. Les patients doivent répondre aux critères de sélection suivants : tumeur primitive réséquée au moment de la TH, tumeur de bas grade (Ki67 < 10 %), maladie symptomatique sans hépatomégalie massive, stabilisation des métastases avant la TH, et absence de métastases extrahépatiques. Le délai optimal à respecter entre la résection de la tumeur primitive et la TH pour évaluer la progression de la tumeur reste débattu. La TH a également été proposée comme option thérapeutique pour les métastases hépatiques de cancer colorectal non résécables. Des études récentes ont montré des résultats encourageants concernant la survie globale à cinq ans chez des patients sans atteinte extra-hépatique. Le diamètre de la plus grosse métastase, le délai entre la résection de la tumeur primitive et la TH, le taux d’antigène carcino-embryonnaire et l’évolution des métastases au cours du temps semblent être les facteurs associés à la survie. La survie sans récidive est cependant très faible, et le petit nombre de patients greffés pour cette indication ne permet pas de soutenir son application plus large. Dans le contexte actuel de pénurie de greffons, nous avons besoin de critères fiables de sélection pour identifier les patients qui pourraient réellement bénéficier de la TH. Les essais en cours devraient nous aider à définir la place de la TH dans la prise en charge de ces patients.