John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Physiopathologie des vomissements en chimiothérapie oncologique Volume 8, numéro 4, Juillet - Août 2001

Auteurs
UPRES-EA 3285 Déterminants physiologiques de l'activité physique, université de la Méditerranée, faculté des sciences du sport, case postale 910, 163, avenue de Luminy, 13288 Marseille Cedex 09.

Le vomissement est généralement vu comme un réflexe de protection, activé en réponse à l'ingestion d'une toxine. Il apparaît aussi dans une grande variété de situations (mal des transports, gestation...) pour lesquelles son bénéfice n'est pas expliqué. C'est un acte stéréotypé complexe nécessitant la coordination précise de nombreux muscles somatiques et viscéraux. L'expulsion du contenu gastro-intestinal, facilitée par un profond bouleversement de la motilité digestive, résulte pour l'essentiel de la contraction momentanément synergique des muscles respiratoires. Elle est due à l'activation, par des systèmes afférents variés, d'un réseau neuronal situé dans le bulbe rachidien (au niveau du complexe vagal) communément appelé « centre du vomissement ». Les mécanismes neuropharmacologiques impliqués dans l'activation du « centre du vomissement » dans le cadre des chimiothérapies oncologiques sont partiellement clarifiés. La sérotonine, via les récepteurs 5HT3 portés par les afférences viscérales vagales, joue un rôle déterminant dans le déclenchement de la réponse émétique aiguë. Les substances antagonistes des récepteurs 5HT3 (les « sétrons ») et/ou agonistes des récepteurs 5HT4 exercent leurs effets anti-émétiques au niveau intestinal en bloquant la genèse du message afférent vagal. La sérotonine semble également impliquée, en association avec les molécules pro-inflammatoires (IL1, PGE2), dans le déclenchement des vomissements retardés. Cette observation suggère que les mécanismes sous-tendant le développement des crises émétiques chimio-induites sont partiellement communs avec ceux responsables des vomissements induits par les endotoxines bactériennes apportées par une alimentation souillée. La mise au point de molécules capables de bloquer l'activité du « centre du vomissement » devrait prévenir l'apparition de crises émétiques quelle que soit leur origine. Dans ce contexte, les substances antagonistes des récepteurs NK1 aux tachykinines, ayant présenté un large spectre d'action anti-émétique dans nombre d'études précliniques, font actuellement l'objet d'essais cliniques dans le cadre des chimiothérapies oncologiques.