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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Pathologie hémorroïdaire : où en sommes-nous en 2011 ? Volume 18, numéro 2, Mars-Avril 2011

Auteurs
Centre hospitalier Diaconesses-Croix-Saint-Simon, service de proctologie médico-interventionnelle, 18, rue du Sergent-Bauchat, 75012 Paris, France, Hôpital Henri-Mondor, service de gastroentérologie, 51, avenue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, 94010 Créteil, France, CHU Hôtel-Dieu, clinique de chirurgie digestive et endocrinienne, place Alexis-Ricordeau, 44093 Nantes, France, Hôpital européen Georges-Pompidou, service de gastroentérologie, 20, rue Leblanc, 75015 Paris, France

La maladie hémorroïdaire est la première cause de consultation en proctologie, même si son épidémiologie reste mal documentée. Sa physiopathologie est complexe et fait intervenir un facteur mécanique impliquant une altération du tissu conjonctif et un facteur vasculaire associant de façon probablement variable une hypervascularisation artérielle et une diminution du retour veineux. Les hémorroïdes externes se compliquent sous la forme de thromboses qui sont à l’origine de douleurs anales aiguës non rythmées par les selles. Les manifestations cliniques les plus fréquentes des hémorroïdes internes sont le prolapsus et/ou les saignements dont la sémiologie est généralement caractéristique. Le diagnostic est purement clinique et seule une coloscopie en cas de rectorragies après 40 ou 45 ans est nécessaire, afin d’éliminer une lésion colorectale. En cas de thrombose hémorroïdaire externe, le traitement est souvent purement médical mais nécessite parfois un geste local. En cas de maladie hémorroïdaire interne, la prise en charge thérapeutique dépend des constatations cliniques et de la gêne exprimée par le patient. Les règles hygiéno-diététiques simples, associées à une régularisation du transit, représentent le traitement de première intention – et parfois suffisant – en cas de prolapsus modéré avec ou sans saignement. En cas d’inefficacité de ces mesures – et à l’exception des cas où le prolapsus est irréductible – un traitement instrumental est généralement proposé. En cas d’échec, deux techniques chirurgicales de développement récent mais reposant sur des concepts différents peuvent être pratiquées, sans indication préférentielle claire à ce jour : l’hémorroïdopexie de Longo ou la ligature sous contrôle doppler des artères hémorroïdales. Cependant, certaines situations restent le domaine réservé de la chirurgie classique de résection des hémorroïdes : hémorroïdes hémorragiques responsables d’une anémie, prolapsus irréductible, prolapsus hémorroïdaire thrombosé hyperalgique, thromboses hémorroïdaires externes à répétition.