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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Manifestations œsophagiennes de la sclérodermie : diagnostic, prise en charge et impact sur la sclérodermie Volume 23, numéro 5, Mai 2016

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Hôpital de Hautepierre, service d’hépato-gastroentérologie et d’assistance nutritive, pôle des pathologies digestives, hépatiques et de la transplantation, 67098 Strasbourg Cedex, France
2 Université de Thiès, UFR des Sciences de la Santé, Ex l0e RIAOM, BP 967, Thiès, Sénégal
3 Hospices Civils de Lyon, Hôpital Edouard Herriot, Université Claude Bernard Lyon I, service d’explorations fonctionnelles digestives, pôle des spécialités chirurgicales, 69437 Lyon, France
4 INSERM U1032, Lab Tau, 69003 Lyon, France
5 Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, hôpital de Hautepierre, service de chirurgie digestive, pôle des pathologies digestives, hépatiques et de la transplantation, 67098 Strasbourg Cedex, France
6 Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Nouvel Hôpital Civil, service de médecine interne et immunologie clinique, centre national de référence « maladies rares », pôle spécialités médicales - ophtalmologie, 1 place de l’Hôpital, 67091 Strasbourg Cedex, France
7 Université de Strasbourg, Faculté de Médecine, Unité INSERM 1113, Laboratoire « Voies de signalisation du développement et du stress cellulaire dans les cancers digestifs et urologiques », 3 avenue Molière, 67200 Strasbourg, France
8 Université de Strasbourg, Faculté de Médecine, Fédération de Médecine Translationnelle de Strasbourg, 4 rue Kirschleger, 67000 Strasbourg, France
* Tirés à part

La sclérodermie est une connectivite sévère caractérisée par une fibrose tissulaire systémique atteignant la peau, le poumon, le cœur et le rein, mais aussi l’appareil digestif, en particulier l’œsophage. Les anomalies le plus souvent rencontrées sont le reflux gastro-œsophagien (RGO), ses complications (œsophagite peptique, endobrachyœsophage) et les troubles moteurs. Sur le plan clinique, 50 à 90 % des malades ont des symptômes évocateurs de RGO et une dysphagie d’importance variable est signalée par près de la moitié d’entre eux. En endoscopie, une œsophagite peptique est trouvée chez 32 % des patients (le risque d’œsophagite érosive et celui d’œsophagite ulcérée sont respectivement 3 à 6 fois et 2 à 3 fois plus importants que dans la population générale, avec une augmentation du risque de pneumopathie interstitielle). Quand une manométrie est réalisée, elle montre souvent des anomalies motrices des deux tiers distaux de l’œsophage.L’atteinte œsophagienne a une gravité exponentielle indépendante de l’évolution de l’atteinte cutanée. Elle est également associée à certaines manifestations cliniques de la sclérodermie dont la fibrose interstitielle pulmonaire (principale cause de mortalité liée à la sclérodermie). Le suivi doit proposer une endoscopie haute dont la fréquence varie en fonction des lésions constatées. La prise en charge est superposable à celle du RGO classique et de ses complications. La chirurgie du reflux reste par contre limitée à cause de la fréquence des effets secondaires du fait des troubles moteurs associés.

L’atteinte œsophagienne est donc particulièrement fréquente dans la sclérodermie, souvent présente avant même qu’apparaissent des symptômes cliniques. L’association entre importance de l’atteinte œsophagienne et complications de la sclérodermie, en particulier respiratoires, suggèrent que sa recherche nécessite d’être systématique y compris chez les malades asymptomatiques. Cette attitude nécessite néanmoins d’être validée par des travaux prospectifs.