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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Lupus et ischémie intestinale : une association de mauvais pronostic Volume 21, numéro 2, Février 2014

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4

Tableaux

Auteurs
1 Université de Thiès – UFR des Sciences de la Santé, Ex 10ème RIAOM, BP : 967, Thiès, Sénégal
2 Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Hôpital de Hautepierre, pôle des pathologies digestives, hépatiques et de la transplantation, service d’hépato-gastroentérologie et d’assistance nutritive, Avenue Molière, 67098 Strasbourg Cedex, France
3 Université de Strasbourg, Faculté de médecine, INSERM 1113 (Voies de signalisation du développement et du stress cellulaire dans les cancers digestifs et urologiques), 3 avenue Molière, 67200 Strasbourg, France
4 CHU de Caen, service d’hépato-gastro-entérologie et nutrition, pôle médecine d’organes et cancérologie, CS 30001, 14033 Caen Cedex 9, France
* Tirés à part

Lelupus érythémateux systémique (LES) est une affection auto-immune non spécifique d’organe dont les présentations cliniques peuvent être multiples et variées. Parmi elles, des douleurs abdominales peu spécifiques sont trouvées chez près de 80 % des malades et peuvent être la seule expression d’une ischémie mésentérique. De par leur manque de spécificité, la fréquence d’une atteinte lupique digestive est probablement sous-estimée, certaines séries autopsiques rapportant jusqu’à 70 % d’atteintes péritonéales dont 10 % étaient pauci-symptomatiques. La morbidité et la mortalité de la maladie lupique sont corrélées aux lésions de l’intestin grêle ou du côlon qui sont souvent liées à une vascularite mésentérique lupique évoluant vers l’ischémie intestinale aiguë ou chronique. Ainsi, la vascularite mésentérique lupique constitue la principale cause à considérer précocement devant une douleur abdominale inhabituelle, prolongée ou intense, dans le but de réduire l’évolution vers l’infarctus mésentérique et ses complications telles que la perforation. Le pronostic dépend donc d’un diagnostic précoce passant par la prise en compte de tout symptôme digestif chez un patient atteint de lupus. La gravité potentielle de ces complications doit guider l’indication, au mieux d’une tomodensitométrie, ou à défaut d’une échographie abdominopelvienne en urgence en vue d’une prise en charge précoce et intensive. Au stade précoce, le traitement sera d’abord médical avec une place de choix pour la corticothérapie intraveineuse suivie d’un relai par voie orale voire ultérieurement par la prescription d’immunosuppresseurs. Toutefois, la chirurgie peut être nécessaire si le patient est vu au stade de complication.

Cette mini-revue a pour objectif de rappeler l’importance qu’il faut accorder (« surveillance armée ») à tout symptôme digestif survenant chez un patient lupique.