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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Les techniques ablatives de l’œsophage de Barrett : quelles alternatives à la radiofréquence ? Volume 26, numéro 1, Janvier 2019

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
Auteurs
1 Hôpital Cochin, Service de gastro-entérologie, 27 rue du Faubourg St Jacques, 75014 Paris
2 Hôpital Cochin, Service d’anatomo-pathologie, 27 rue du Faubourg St Jacques, 75014 Paris
3 Faculté Paris-Descartes
* Correspondance
  • Mots-clés : œsophage de Barrett, endobrachyœsophage, dysplasie, radiofréquence, cryoablation, plasma argon
  • DOI : 10.1684/hpg.2018.1727
  • Page(s) : 42-9
  • Année de parution : 2019

Après résection endoscopique d’un cancer superficiel au sein d’un œsophage de Barrett, l’éradication de la métaplasie intestinale résiduelle est indiquée pour limiter le risque de néoplasie métachrone. Compte tenu des forts taux de sténose observés après résection endoscopique étendue, les techniques ablatives endoscopiques sont recommandées. Elles incluent l’ablation par radiofréquence, la coagulation au plasma argon, et la cryoablation. Leurs autres indications sont l’œsophage de Barrett en dysplasie de haut grade sans lésion visible, et depuis peu certains patients ayant un œsophage de Barrett en dysplasie de bas grade considéré à haut risque de progression néoplasique. Les résultats sont excellents, avec 90 % à 92 % de taux d’éradication de la métaplasie intestinale, mais des données de suivi à long terme suggèrent environ 8 % de taux de récidive annuelle, le plus souvent sous la forme de métaplasie intestinale du cardia non dysplasique. Ces techniques ont un excellent profil de tolérance, avec autour de 8 % de sténoses et pas de morbidité précoce en dehors de douleurs thoraciques. Cependant, outre leur coût élevé qui restreint leur utilisation, leurs limites sont la constitution de glandes métaplasiques enfouies après traitement atteignant selon les techniques jusqu’à 20 % des patients. De plus, l’analyse histologique du tissu traité n’est pas possible, imposant un examen préalable attentif afin de ne pas méconnaître une lésion visible qui imposerait une résection endoscopique première. Si la radiofréquence reste le dispositif le plus largement étudié dans la littérature, et le plus adapté à l’ablation de longs segments circonférentiels d’œsophage de Barrett, les données concernant le nouveau dispositif de coagulation au plasma argon après injection sous-muqueuse (Hybrid APC) et la cryoablation sont encourageantes, faisant de ces techniques des alternatives pertinentes à la radiofréquence.