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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Les puces à ADN en médecine : mythe ou réalité ? Volume 8, numéro 6, Novembre - Décembre 2001

Auteurs
Inserm, 46, boulevard de la Gaye, 13009 Marseille.

La publication de la séquence complète du génome humain est imminente. Toutes les disciplines médicales profiteront des retombés de la génomique et les plus bénéficiaires seront certainement celles dont les connaissances actuelles sont les plus pauvres. L'analyse de l'expression de nombreux gènes au même moment (sous forme d'ARNm) par des puces à ADN est actuellement l'approche la plus efficace pour interpréter le message de la cellule. Deux procédés majeurs de fabrication de puces sont couramment utilisés : le dépôt direct d'ADNc sur un support solide et la synthèse in situ d'oligonucléotides par photolithographie. La possibilité d'analyser l'expression simultanée de milliers de gènes humains ou de micro-organismes représente une grande avancée pour la biologie en général et pour la médecine en particulier. Les premières puces ont servi à évaluer la technique. La puissance de cette technologie s'est ensuite étendue à d'autres applications, comme par exemple la validation de mécanismes d'action de certains médicaments ou encore l'étude de variations génomiques. Enfin, certaines études cliniques se sont montrées extrêmement intéressantes et les perspectives d'avenir de la technique sont très encourageantes. En médecine, les puces à ADN ont déjà été utilisées avec succès pour des pathologies tumorales, immunitaires, inflammatoires, cardio-vasculaires, infectieuses et nerveuses. Elles ont permis, par exemple, de classer des maladies selon leur comportement biologique (plutôt que leur aspect microscopique), de différencier deux pathologies quasi semblables, de distinguer des groupes de susceptibilité aux traitements ou de pronostic différents, de mettre en évidence des clusters de gènes responsables de certains processus clés et d'identifier de nouveaux gènes inconnus et très prometteurs. Toutes ces études laissent à penser que, bientôt, de nouveaux traitements plus adaptés seront proposés à chaque patient. L'un des facteurs limitants est cependant la capacité d'analyse de l'information, pour laquelle de nouvelles méthodes sont nécessaires. En effet, une nouvelle génération d'outils informatiques est actuellement en développement.