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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Les inhibiteurs de JAK-STAT sélectifs et non sélectifs dans les maladies inflammatoires chroniques intestinales Article à paraître

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
CHU Paris Nord-Val de Seine, Hôpital Beaujon, Unité de gastro-entérologie, MICI et assistance nutritive, 100 boulevard du Général Leclerc, 92110 Clichy
* Correspondance

La voie JAK-STAT est impliquée dans de multiples mécanismes biologiques au sein de nombreux types cellulaires. Le bon fonctionnement de la voie JAK-STAT dans les cellules immunitaires et non-immunitaires de la muqueuse intestinale est indispensable au maintien de l’homéostasie intestinale. Il a été montré des dysfonctionnements de la voie JAK-STAT au cours des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI), elle constitue donc une cible thérapeutique de choix. L’avantage théorique des traitements anti-JAK par rapport aux traitements anti-cytokiniques classiques est de cibler l’action de plusieurs cytokines simultanément. La complexité de la voie JAK-STAT rend cependant peu lisible le mécanisme d’action précis des molécules anti-JAK. Il existe des inhibiteurs sélectifs et non sélectifs des JAK (JAK1, JAK2, JAK3, TYK2). Selon les concentrations, les anti-JAK dits sélectifs impactent tout de même l’ensemble des molécules de la famille JAK, du fait de leur forte homologie. Le tofacitinib, dont l’effet inhibiteur cible principalement JAK1 et JAK3, est le seul inhibiteur de JAK actuellement utilisé en pratique courante dans la rectocolite hémorragique (RCH). De nombreux autres inhibiteurs de JAK sont en cours de développement dans la maladie de Crohn et/ou la RCH. L’essai de phase III, SELECTION, évaluant le filgotinib, un inhibiteur sélectif de JAK1, a récemment montré l’efficacité de ce traitement pour induire et maintenir la rémission dans la RCH. Le profil de sécurité paraît similaire pour tous les anti-JAK. L’unique effet indésirable rapporté comme significativement plus fréquent sous traitement est le zona. Du fait de la description dans le cadre d’un essai de sécurité à long terme de plusieurs cas d’accidents thromboemboliques chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde traités par tofacitinib (à une dose de 10 mg deux fois par jour), le traitement d’entretien par tofacitinib à la dose de 10 mg deux fois par jour chez des patients avec des facteurs de risque thromboembolique n’est pas recommandé sauf en l’absence d’alternative thérapeutique appropriée,