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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Les hépatopathies gravidiques Volume 9, numéro 1, Janvier - Février 2002

Auteur
Service d'hépatogastroentérologie, hôpital Trousseau, 37044 Tours Cedex.

Certaines hépatopathies gravidiques peuvent mettre en jeu le pronostic vital de la mère ou de l'enfant. L'équipe obstétricale et les hépatogastroentérologues doivent connaître leur existence car une conduite à tenir adaptée diminue le risque de survenue de complications fœtomaternelles. La survenue d'une hépatopathie doit être facilement évoquée et confirmée rapidement par un dosage des transaminases. La mise en évidence d'une hypertransaminasémie doit toujours être considérée comme pathologique. L'hyperemesis gravidarum, qui correspond aux vomissements incoercibles de la grossesse, peut s'accompagner de perturbations des tests hépatiques et parfois d'un ictère. La cholestase intrahépatique gravidique se manifeste le plus souvent par un prurit dans la deuxième partie de la grossesse. L'efficacité de l'acide ursodésoxycholique a été montrée dans les formes sévères. La survenue de la cholestase rend la grossesse à risque pour le fœtus. La cholestase peut être liée à une infection bactérienne ou virale intercurrente et, dans ce cas, l'utilité de l'acide ursodésoxycholique n'a pas été montrée. Les principaux symptômes de la stéatose hépatique aiguë gravidique sont des nausées ou des vomissements, des douleurs abdominales ou une polyuro-polydipsie au cours du troisième trimestre. L'interruption de la grossesse en urgence est le principal traitement. Chez les femmes souffrant d'hypertension artérielle gravidique, la survenue d'un syndrome Hellp est un élément de mauvais pronostic qui doit faire envisager l'interruption de la grossesse. Dans tous les cas, il faut veiller à vérifier la normalisation des tests hépatiques à distance de l'accouchement.