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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Les fistules ano-rectales de cause infectieuse bactérienne spécifique Volume 27, numéro 10, Décembre 2020

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4

Tableaux

Auteurs
Institut Léopold Bellan, Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph, Service de proctologie médico-chirurgicale, 185, rue Raymond Losserand, 75014 Paris
* Correspondance

La fistule anale est une maladie fréquente dont la cause est le plus souvent cryptoglandulaire (infection d’une glande d’Hermann et Desfosses). Bien que rares, certaines causes infectieuses doivent être connues car elles justifient une antibiothérapie adaptée permettant parfois d’éviter le recours à la chirurgie. C’est le cas de l’actinomycose, de la tuberculose ano-périnéale, des mycobactérioses atypiques et des infections sexuellement transmises à Chlamydia et Neisseria gonorrhoeae. Il faut savoir évoquer ces diagnostics en cas de fistule atypique, récidivante et/ou d’évolution prolongée, de rapports sexuels à risque, ou de situations sociales précaires. L’actinomycose est une infection due à une bactérie anaérobie Gram positif commensale de la sphère ORL et du tube digestif. Le diagnostic microbiologique est parfois difficile mais l’histologie peut apporter des arguments en révélant des « granules sulfureux ». Une antibiothérapie par pénicilline G prolongée de six à douze mois en fonction de la cicatrisation est préconisée en parallèle de la chirurgie. La tuberculose anale est une localisation rare de la maladie associée à une atteinte pulmonaire dans la majorité des cas, mais des formes isolées sont possibles. Le diagnostic est confirmé par la mise en évidence du Bacille de Koch (culture ou PCR) ou la présence de granulomes gigantocellulaires à l’histologie. Le traitement par quadrithérapie antituberculeuse pour une durée de six à douze semaines puis d’une bithérapie pour une durée totale de six mois est nécessaire. Les mycobactéries atypiques anales sont encore plus rares et se rencontrent quasi-exclusivement chez le patient immunodéprimé. La lymphogranulomatose vénérienne (LGV) et l’ano-rectite à gonocoque sont des infections sexuellement transmises (IST) dont l’incidence est en augmentation. L’écouvillonnage rectal permet de détecter l’agent infectieux par PCR. Le traitement repose sur la doxycycline pour une durée de 21 jours pour la LGV et l’injection unique IM d’une céphalosporine de troisième génération pour le gonocoque.