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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Le diabète : un facteur à ne pas sous-estimer au cours de la cirrhose Volume 19, numéro 4, Avril 2012

Auteurs
Hôpital Beaujon, service d’hépatologie, 100 Bd du général Leclerc, 92110 Clichy, Inserm U773, Centre de recherche biomédicale Bichat-Beaujon CRB3, Hôpital Beaujon, service d’hépatologie, Clichy, Université Paris Diderot, Paris 7, Paris

Les troubles du métabolisme glucidique sont fréquents au cours de la cirrhose (30 à 70 % des cas), allant de l’intolérance au glucose au diabète avéré. Le diabète de type 2, en cas de syndrome métabolique, peut être à l’origine d’une stéatose, pouvant se compliquer d’inflammation, de fibrose et de cirrhose. L’insulino-résistance hépatique, conséquence de l’inflammation hépatique, joue un rôle dans la genèse du carcinome hépatocellulaire, qui peut survenir même en l’absence de cirrhose. La présence d’un diabète au cours de la cirrhose est un facteur indépendant de mauvais pronostic de l’hépatopathie. Il est associé aux principales complications de la cirrhose. Le traitement de première intention repose sur les règles hygiéno-diététiques, mais le régime alimentaire et l’activité physique ne sont pas toujours adaptés aux patients atteints de cirrhose. Tous les anti-diabétiques oraux peuvent être utilisés en cas d’insuffisance hépatique modérée. La metformine et les thiazolidinediones, en augmentant l’insulino-sensibilité, semblent les plus adaptés. L’insulinothérapie est souvent nécessaire au cours de la cirrhose, mais doit être surveillée rigoureusement, afin d’éviter les accidents hypoglycémiques. Compte tenu du risque de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire, les patients ayant un syndrome métabolique doivent avoir une surveillance, mais les modalités de celle-ci méritent d’être précisées.