John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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La cholangiopathie post-soins intensifs : une nouvelle entité sous-estimée ? Volume 22, numéro 4, Avril 2015

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5

Tableaux

Auteurs
CHU de Rouen, service d’hépato-gastroentérologie, 1 rue de Germont, 76 000 Rouen, France
* Tirés à part

La cholangiopathie post-soins intensifs est une nouvelle entité peu décrite dans la littérature. Les malades concernés ne présentent pas de maladie hépato-biliaire préexistante et ont des tests hépatiques normaux à l’entrée en réanimation. Elle se manifeste par l’apparition d’un ictère durant les deux premières semaines d’hospitalisation associé à une augmentation rapide et importante des phosphatases alcalines. Le diagnostic est posé sur un aspect pathologique des canaux biliaires en CPRE. Au stade précoce, des lacunes sont mises en évidence, correspondant à des moules biliaires obstruant les voies biliaires intrahépatiques. Puis apparaissent des dilatations et des sténoses fibreuses multiples touchant l’arbre biliaire intrahépatique. Le traitement est endoscopique, lorsqu’il est possible, avec extraction des moules biliaires et dilatations au ballonnet associé à un traitement médicamenteux par l’acide ursodesoxycholique (AUDC). L’évolution se fait rapidement vers la cirrhose biliaire et le pronostic de la maladie est sombre. La médiane de survie, en l’absence de transplantation hépatique, est de 13 mois. La physiopathologie de la maladie est mal connue. L’hypovolémie prolongée et l’hypoxie artérielle hépatique participent à l’ischémie de l’arbre biliaire. Ce phénomène est potentialisé par le recours à une pression expiratoire positive élevée et l’usage prolongé et intensif des drogues vasopressives. Le sepsis semble également impliqué.