John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Indications de la recherche de l'ARN du virus de l'hépatite C dans le sérum en pratique clinique Volume 4, numéro 2, Mars - Avril 1997

Auteurs
Unité d'hépato-gastroentérologie, centre hospitalier, 64046 Pau Université Cedex.

La recherche et la quantification de l'ARN du VHC dans le sérum sont aujourd'hui largement accessibles. Cette mini-revue envisage successivement les indications diagnostiques et pronostiques de ces recherches dont la qualité dépend, outre de celle du laboratoire et des méthodes, artisanales ou commerciales, employées, du strict respect des conditions de prélèvement, de conservation et de transport des échantillons. En cas d'hépatite aiguë, la recherche d'ARN du VHC est nécessaire au diagnostic précoce des cas où la recherche d'anticorps anti-VHC est initialement négative. En cas d'hépatite fulminante, la responsabilité, incertaine, du VHC ne peut être recherchée que par la détection de son ARN par PCR. En cas d'hépatite chronique C, la recherche d'ARN viral n'est nécessaire au diagnostic que dans la petite minorité de cas où les anticorps ne sont pas détectables. En cas d'hépatite d'allure auto-immune, la recherche d'ARN du VHC est nécessaire autant pour reconnaître une hépatite C accompagnée de la présence d'auto-anticorps qu'une hépatite auto-immune avec sérologie de l'hépatite C faussement positive. En cas de transplantation hépatique, le suivi de la quantité de virus circulant est probablement utile au diagnostic des dysfonctionnements du greffon chez les malades transplantés pour cirrhose post-hépatitique C. En cas de dépistage d'anticorps anti-VHC chez un donneur de sang, la recherche d'ARN du VHC n'est utile que lorsque l'activité des aminotransférases reste itérativement normale ; positive, elle indique l'existence d'une hépatite chronique habituellement peu sévère ; le foie est au contraire normal ou presque lorsque la recherche est négative. Il en est de même dans les autres situations de dépistage, en cas de manifestations extra-hépatiques révélatrices et chez les hémodialysés. Quand la recherche d'anticorps anti-VHC associant deux tests Elisa est positive, et que l'activité des aminotransférases est augmentée, la recherche d'ARN du VHC est inutile, sauf si une autre cause de maladie du foie est associée (infection par le VHB, surcharge en fer...). Lorsque les deux tests Elisa sont discordants, la recherche d'ARN du VHC est plus informative qu'un immunoblot qui peut être abandonné. Lorsque les deux tests Elisa sont négatifs, la recherche d'ARN du VHC est indiquée en cas d'hépatite chronique ou de manifestations extra-hépatiques inexpliquées, surtout s'il existe une immunodépression. Chez les femmes ayant des anticorps anti-VHC, la recherche d'ARN du VHC n'est pas utile pendant la grossesse, le risque de transmission au nouveau-né restant très faible, en l'absence de co-infection par le VIH, même si la virémie est forte. La quantification de la virémie n'est pas utile au diagnostic initial de la gravité de la maladie du foie. En revanche elle est, avec le génotype, ou peut-être le sérotype, le principal déterminant de la réponse au traitement par l'interféron. Ces deux données nous semblent actuellement très utiles pour poser l'indication du traitement lorsqu'il existe des contre-indications relatives. Elles seront probablement utiles dans un avenir proche pour adapter les doses du traitement initial. Sous traitement, la détection d'une virémie au troisième mois prédit l'échec quasi inéluctable d'un traitement conventionnel de 6 mois. La recherche de l'ARN du VHC est nécessaire lorsque les aminotransférases sont redevenues normales après le traitement, en raison de la possibilité d'une virémie persistante.