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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Impact des anomalies biologiques hépatiques sur la pharmacocinétique et la tolérance des médicaments anticancéreux Volume 7, numéro 6, Novembre - Décembre 2000

Auteurs
Service de gastroentérologie, institut Gustave-Roussy, 39, rue Camille-Desmoulins, 94400 Villejuif.

Les processus d’activation/détoxification de nombreux médicaments cytotoxiques ont lieu principalement dans le foie, et sont parfois suivis d’une élimination biliaire des métabolites. Toute maladie du foie entraînant une cholestase ou une insuffisance hépatique risque donc de perturber le métabolisme et l’excrétion de ces drogues, et notamment d’en augmenter les toxicités. Les anomalies biologiques hépatiques sont fréquentes chez les malades atteints de cancer. Leur diagnostic étiologique est le plus souvent méconnu, tout comme leur retentissement sur la fonction hépatique. L’étude de la pharmacocinétique et de la tolérance des agents anticancéreux chez les malades présentant des perturbations des tests hépatiques est rarement effectuée de manière systématique, et les adaptations posologiques qui en découlent sont souvent imprécises et non consensuelles. Cela tient essentiellement à l’absence de sensibilité et de spécificité des tests utilisés comme témoins du dysfonctionnement hépatique, tels le taux sérique de la bilirubinémie ou des transaminases généralement pris comme références. Cette mise au point tente de faire la synthèse des essais thérapeutiques ayant pour but d’étudier les paramètres pharmacocinétiques et la tolérance des principaux cytotoxiques en cas d’altération des test hépatiques, et de discuter les adaptations posologiques recommandées pour chacun d’entre eux. Le métabolisme des cytotoxiques étant de mieux en mieux caractérisé, ce type d’essai sera de plus en plus fréquemment réalisé à l’avenir, surtout en ce qui concerne les nouvelles drogues. Mieux que les tests biologiques hépatiques standard ou le calcul de la surface corporelle, l’étude systématique des capacités métaboliques hépatiques des malades devrait pouvoir servir de base pour adapter la posologie des médicaments anticancéreux métabolisés par le foie.