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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Epidémiologie des infections liées au virus de l’hépatite C : évolution récente, perspectives Volume 6, numéro 2, Mars-Avril 1999

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Depuis l’introduction des tests de dépistage du virus de l’hépatite C (VHC), une modification de l’épidémiologie a été observée, liée aux mesures prises pour combattre l’infection, mais également au développement de son dépistage. Au début des années 1990, la transfusion représentait la cause principale de contamination et la toxicomanie intraveineuse, par laquelle l’infection s’est développée plus récemment dans une population masculine jeune, était au second plan. L’infection, diagnostiquée le plus souvent chez des sujets symptomatiques ou ayant des transaminases élevées, l’était en moyenne 10 ans après l’exposition au VHC, expliquant la fréquence de la cirrhose (20 %) au moment du diagnostic. Depuis 1996, l’incitation au dépistage en médecine de ville rend compte d’un diagnostic porté plus souvent devant des facteurs de risque, chez des sujets asymptomatiques, et cela explique en partie les modifications observées : augmentation des infections liées à la toxicomanie (qui représente maintenant le mode principal de contamination) et diminution relative des cas secondaires à un antécédent de transfusion. De même, les lésions hépatiques apparaissent moins sévères au moment de la prise en charge, environ 10 % de cirrhose, malgré une ancienneté de l’infection comparable. Les modifications des causes actuelles d’hépatite C participent aux changements observés : les hépatites post-transfusionnelles sont devenues exceptionnelles, les causes nosocomiales ont été réduites par la diffusion du matériel à usage unique et la mise en place de règles universelles de désinfection du matériel médicochirurgical. En revanche, la contamination par toxicomanie ne semble pas diminuer et représenterait maintenant 70 % des nouvelles séroconversions. Il apparaît souhaitable de continuer à surveiller l’épidémie dans le cadre des réseaux constitués autour de pôles de référence et au moyen d’indicateurs simples : nombre de nouveaux malades pris en charge, répartition des modes de contamination, sévérité des lésions hépatiques au moment du diagnostic. Quant à la prévention, elle doit viser prioritairement la population toxicomane, par une information efficace et précoce et par des actions menées en milieu carcéral. En conclusion, si le pic de l’épidémie à VHC semble passé, environ 20 % seulement de la population infectée a été dépistée et de nombreux malades restent à identifier et à prendre en charge.