John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Effets indésirables des inhibiteurs de la pompe à protons : mythes et réalités Volume 28, numéro 8, Octobre 2021

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteur
Centre Hospitalier de Marne-la-Vallée, Service d’hépato-gastro-entérologie, 2-4 cours de la Gondoire, 77 600 Jossigny
* Correspondance

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont une des classes thérapeutiques les plus prescrites. Le respect des indications est au centre d’un enjeu de santé publique, les taux de prescription inappropriée variant de 25 à 70 % selon les données de la littérature. La problématique de sécurité d’usage des IPP a récemment attiré l’attention des médias et des profanes. Les gastro-entérologues sont fréquemment sollicités sur la pertinence et l’innocuité du traitement par IPP. Afin d’éviter des arrêts intempestifs et inappropriés d’un traitement indiqué, les prescripteurs doivent évaluer objectivement les preuves permettant de retenir une éventuelle relation de cause à effet entre un effet indésirable et la prise d’IPP. Malgré la longue liste d’effets secondaires potentiels rapportée dans de nombreuses publications au cours de ces dernières années, la qualité des preuves apportées dans la littérature est souvent insuffisante pour établir une relation causale entre l’IPP et bon nombre d’effets indésirables signalés. Ainsi, de nombreux effets secondaires rapportés pourraient résulter de biais méthodologiques observés dans les études observationnelles, souvent rétrospectives. Le bon usage des IPP est le premier temps de prévention des effets secondaires ; il regroupe le respect des indications, l’adaptation de la posologie à la dose minimale efficace, la reconsidération du traitement à chaque nouvelle prescription et fait partie de notre responsabilité médicale permettant de limiter la survenue d’effets indésirables. La connaissance de ces effets et de leur risque de survenue peut permettre de les prévenir, de les détecter et de les prendre en charge précocement de façon adaptée. En cas d’indication avérée du traitement par IPP, il n’y a aucune preuve scientifique suffisante pour imposer un arrêt du traitement afin de limiter la survenue et l’intensité d’effets indésirables potentiels. Le but de ce travail est de passer en revue les principaux effets secondaires attribués aux IPP rapportés dans la littérature.