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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Dépistage du cancer colorectal par test immunologique quantitatif de recherche de sang occulte dans les selles : une révolution ? Volume 22, numéro 2, Février 2015

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3

Tableaux

Auteurs
1 Hôpitaux Civils de Colmar, Service de Médecine A, 39 avenue de la Liberté, 68024, Colmar Cedex, France
2 Inserm U1086 « Cancers & Préventions », Centre François Baclesse, Avenue du Général Harris, 14076, Caen Cedex 05, France
* Tirés à part

Le programme français de dépistage organisé du cancer colorectal (DO CCR) concerne les hommes et les femmes de 50 à 74 ans à risque moyen. Il repose sur une recherche de sang occulte dans les selles par test au gaïac tous les 2 ans. En 2015, ce test va être remplacé par un test immunologique quantitatif qui offre une sensibilité accrue pour la détection des cancers et surtout des adénomes avancés, au prix d’une augmentation du taux de positivité et d’une baisse de spécificité. Le principal atout du test immunologique quantitatif est sa simplicité d’emploi : un seul prélèvement suffit au lieu des six nécessaires avec le test au gaïac. Cette simplicité entraîne une augmentation constante de participation, de 5 à 13 % selon les études. Par contre, la moindre stabilité du test immunologique lui confère une durée de péremption restreinte (18 mois) et impose une lecture rapide (7 jours maximum). La réduction de mortalité par CCR offerte par le dépistage par test immunologique quantitatif n’est pas aussi bien évaluée que celle du test au gaïac. Eu égard à ses meilleures performances analytiques, elle devrait être supérieure et peut-être s’associer à une réduction d’incidence. En synthèse, pour ce qui concerne le DO CCR chez les personnes à risque moyen, le test immunologique quantitatif est un réel progrès, pas une révolution. Cela reste un test fécal de recherche de sang occulte, peu « sexy » et difficile à vendre. En revanche, les performances des tests immunologiques quantitatifs sont telles qu’elles vont révolutionner nos pratiques chez les personnes à risque élevé de CCR (antécédents personnels ou familiaux de néoplasie colorectale) et les personnes symptomatiques. Le résultat d’un test immunologique quantitatif pourra conditionner l’indication de coloscopie, voire être inclus dans l’élaboration de scores de risque de CCR.