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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Cancers digestifs et lymphomes au cours des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin : quels sont les risques ? Volume 28, numéro 4, Avril 2021

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 CHRU de Nancy Brabois, Service d’hépato-gastroentérologie, Allée du Morvan, 54500 Vandœuvre-Lès-Nancy
2 CHRU de Nancy Brabois, Service d’hématologie biologique, Allée du Morvan, 54500 Vandœuvre-Lès-Nancy
3 Unité INSERM U1256, Faculté de médecine, Université de Lorraine
4 CHRU de Nancy Brabois, Service d’hématologie, Allée du Morvan, 54500 Vandœuvre-Lès-Nancy
5 AP-HP, Hôpital Saint-Antoine, Service d’hépato-gastroentérologie, 75012 PARIS
* Correspondance

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) regroupent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH). Ce sont des maladies complexes, chroniques et incurables dont l’incidence est en constante augmentation dans les pays industrialisés. Les MICI sont associées à une altération de la qualité de vie des patients mais aussi à une augmentation de leur risque de développer des cancers digestifs, notamment colorectaux, anaux et de l’intestin grêle, dont le pronostic serait plus sombre que ceux développés dans la population générale. Le risque de survenue de ces cancers digestifs est à mettre en parallèle avec la sévérité de l’inflammation de la muqueuse digestive dont souffrent les patients (durée d’évolution > 7-10 ans et étendue des lésions > 50 % du cadre colique).

Par ailleurs, ces deux dernières décennies ont vu l’émergence de nouvelles thérapies, notamment les anti-TNF (tumor necrosis factor) et les thiopurines, qui ont permis une avancée majeure dans la prise en charge thérapeutique des patients qui étaient réfractaires aux traitements standards (corticoïdes, 5-ASA). Bien que ces thérapies soient largement utilisées et que leur efficacité soit bien établie, de nombreuses incertitudes subsistent quant à leur association avec un sur-risque de développer un cancer. Concernant l’utilisation des anti-TNF, les données de la littérature s’accordent pour affirmer que leur usage n’est pas associé à une majoration du risque de développer un cancer, notamment digestif. En revanche, l’utilisation des thiopurines chez les patients atteints d’une MICI est associée à une augmentation significative du risque de développer un lymphome, le plus souvent de type B diffus à grandes cellules. Bien que rare, cette complication potentiellement mortelle justifie d’en évaluer le rapport bénéfices/risques avant chaque prescription.