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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Cancer des voies biliaires : mise au point sur les stratégies adjuvantes Volume 30, numéro 10, Décembre 2023

Illustrations


  • Figure 1

  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 CHRU de Nancy Brabois, Service d’hépato-gastroentérologie, Allée du Morvan, 54500 Vandœuvre-Les-Nancy
2 Institut Curie, Oncologie Digestive, Département d’oncologie médicale, 35 rue Dailly, 92210 Saint-Cloud
* Correspondance : M. Muller

En France, les cancers des voies biliaires représentent environ 15 % de l’ensemble des cancers primitifs du foie et correspondent au second cancer primitif hépatique le plus fréquent après le carcinome hépatocellulaire. Bien que rares, leur incidence augmente et leur pronostic reste sombre, avec un taux de survie globale estimé à moins de 20 % à cinq ans tous stades confondus. En effet, seuls 20 à 30 % des patients atteints de cancers des voies biliaires sont éligibles à une chirurgie potentiellement curative au diagnostic, parmi lesquels 50 à 70 % présenteront une récidive. En raison de ce risque élevé de récidive, un traitement adjuvant est recommandé. Depuis 2018, plusieurs essais de phase III ont permis de préciser la stratégie adjuvante. Les chimiothérapies à base de gemcitabine ± platine, utilisées aux stades avancés, n’ont pas permis d’améliorer significativement la survie globale des patients en adjuvant. L’essai BILCAP, bien que négatif sur son objectif principal, a rapporté un bénéfice en termes de survie globale et de survie sans maladie, plaçant la capécitabine pour six mois en adjuvant comme standard thérapeutique pour les cholangiocarcinomes et les adénocarcinomes de la vésicule biliaire réséqués. La comparaison entre capécitabine et chimiothérapie par gemcitabine + platine est toujours à l’étude dans un essai de phase III de grande envergure (ACTICCA-1 [NCT02170090]), dont les résultats sont attendus en 2025. Les traitements adjuvants de radiothérapie ou radio-chimiothérapie n’ont été évalués que dans des études de phase II monobras et n’ont jamais été comparés prospectivement à un traitement par chimiothérapie seule : ils ne sont donc pas recommandés à ce jour. Les stratégies d’immunothérapie et de ciblages moléculaires développées ces dernières années dans le cadre des cholangiocarcinomes et des adénocarcinomes de la vésicule biliaire avancés (notamment réarrangements FGFR2, mutations IDH1, instabilité des microsatellites, surexpression HER2) n’ont pas été évaluées en situation adjuvante. Encourager l’inclusion de ces patients dans des protocoles de recherche clinique, permettra à l’avenir de mieux définir leur place dans le cadre de stratégies adjuvantes personnalisées.