John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Cancer colorectal au cours des MICI : où en est-on en 2008 ? Volume 15, supplément 1, Numéro spécial : MICI, L'essentiel en 2008

Auteurs
Unité d’oncologie digestive, département d’HGE, Hôpital A. Michallon, BP 217, 38043 Grenoble cedex 9, Service d’hépato-gastro-entérologie, Centre hospitalier régional de Saintes

La survenue d’un adénocarcinome colorectal constitue un des principaux risques évolutifs des colites inflammatoires tant dans la rectocolite ulcéro-hémorragique (RCUH) que dans la maladie de Crohn (MC). Les facteurs de risque néoplasique sont bien connus et principalement représentés par la durée d’évolution de la colite et par son étendue sur le cadre colique. La dysplasie en muqueuse plane et les dysplasies associées à une lésion ou une masse (DALM) constituent des lésions précancéreuses dont le dépistage est fondamental. La surveillance endoscopique des patients qui les subissent fait l’objet de recommandations internationales. Elle permet, au prix d’un suivi contraignant, de réduire l’incidence du cancer colorectal (CCR) chez ces patients. La présence d’un carcinome invasif ou d’une lésion dysplasique doit systématiquement faire discuter une colectomie totale voire une coloproctectomie. Les enquêtes de pratiques suggèrent que ce suivi endoscopique n’est pas toujours adapté en raison d’écarts aux recommandations ou d’un défaut de compliance des patients. Une meilleure sélection des patients à risque néoplasique est donc nécessaire. Des travaux récents ont montré le caractère prédictif d’une hyperhomocystéinémie ou encore d’une surexpression de P53 muté dans la survenue de lésions néoplasiques. Ils doivent être confirmés par des études prospectives. Le développement de nouvelles techniques endoscopiques notamment de la chromoendoscopie et de l’endomicroscopie confocale permet d’améliorer la sensibilité de détection de ces lésions. Leur impact sur l’histoire naturelle de la maladie et leur impact médicoéconomique doivent encore être précisés. Elles pourraient faire évoluer les recommandations dans le sens d’un allégement du rythme des endoscopies. Enfin, il faudra mesurer l’effet des traitements modernes des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) et notamment des biothérapies sur leur éventuel effet protecteur du risque néoplasique par le biais d’une meilleure cicatrisation muqueuse.Il existe donc des évolutions majeures dans le domaine du dépistage, de la chimioprévention et d’une meilleure sélection des patients à risque néoplasique qui feront certainement évoluer les pratiques dans l’avenir proche.