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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Adénocarcinomes et carcinomes épidermoïdes de l'oesophage : y a-t-il des différences autres que histologiques ? Volume 3, numéro 5, Septembre - Octobre 1996

Auteurs
Institut Gustave-Roussy, service de chirurgie digestive carcinologique, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif Cedex, France.

De nombreux essais thérapeutiques incluent indifféremment les carcinomes épidermoïdes et les adénocarcinomes de l'oesophage, considérant que leur histoire naturelle, leur traitement et leur pronostic sont identiques. Cette étude s'efforce d'analyser de manière comparative ces différents paramètres, afin de savoir si cette attitude est licite ou non. Il apparaît que le terrain de survenue de ces deux cancers est assez proche, de même vraisemblablement que la fréquence des formes multicentriques. Les taux de réponses objectives et les taux de réponses complètes histologiques après radiothérapie, chimiothérapie, ou l'association des deux sont voisins. Mais des différences existent : (1) mineures (sans grande répercussion sur le plan thérapeutique) qui portent sur les extensions intramurales et les extensions métastatiques de ces deux types de carcinome ; (2) majeures qui portent sur l'extension ganglionnaire (qui est décalée vers le haut en cas de carcinome épidermoïde et vers le bas en cas d'adénocarcinome) et sur la grande fréquence des cancers associés en cas de carcinomes épidermoïdes. Ces deux différences devraient induire la mise en oeuvre de traitements différents et la prise en compte d'une survie corrigée en cas de comparaisons pronostiques fondées sur l'histologie. Il est possible que l'incidence plus élevée des formes localement évoluées des carcinomes épidermoïdes au moment du diagnostic (ce qui diminue leur taux de résecabilité), soit contrebalancée sur le plan pronostique par l'agressivité plus grande des adénocarcinomes, aboutissant pour des raisons différentes à un taux de survie peu différent (bien que ce point demande confirmation). Ainsi, l'amalgame de ces deux types d'histologie dans un même essai thérapeutique ne doit pas être accepté sans réserve et doit faire l'objet d'études plus approfondies.