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Hématologie

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Traitement personnalisé dans l’hémophilie Volume 26, numéro 3, Mai-Juin 2020

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
Auteur
1 Unité d’hémostase clinique, hôpital cardiologique Louis Pradel, Lyon
2 EA4609, université Claude Bernard Lyon 1, Lyon
* Tirés à part

Le traitement de l’hémophilie a énormément évolué au cours des dix dernières années, avec le développement de : i) nouvelles molécules recombinantes de facteur VIII et IX de facteur améliorées, ayant une demi-vie prolongée ; ii) des traitements non substitutifs qui améliorent la capacité coagulante, soit en modifiant l’équilibre entre les facteurs de coagulation et les inhibiteurs naturels, soit en mimant l’action du facteur VIII activé ; iii) la thérapie génique, qui frappe à la porte et ouvre des perspectives potentielles de guérison pour l’hémophilie A et B. Alors que les médecins ont commencé à intégrer ces nouvelles thérapeutiques dans leur prise en charge, plusieurs questions restent encore ouvertes au débat : quelles molécules pour quels patients ? Quelle dose ? En cas d’accident hémorragique grave, comment associer deux molécules procoagulantes sans induire une complication thrombotique ? La réflexion qui nous conduira à répondre à ces questions intégrera forcément la personnalisation et les mesures de précision. L’expression de « traitement personnalisé de l’hémophilie » tient compte, entre autres, du génotype, du phénotype hémorragique individuel, des caractéristiques pharmacocinétiques avec différents produits, de la pharmacodynamie, de l’état articulaire, du mode de vie, de l’adhésion au traitement et du risque personnel d’inhibiteurs. Plusieurs outils ont été développés pour aider les hématologues à intégrer ces variables dans leur décision thérapeutique, comme les scores cliniques qui évaluent la tendance hémorragique, le génotypage, les applications de pharmacocinétiques bayésiennes, les tests globaux d’hémostase et des techniques radiologiques de pointe. Raisonner uniquement sur les taux de FVIII/FIX n’est probablement pas suffisant. Les données médicoscientifiques soutenant l’importance de ces paramètres personnalisés sont discutées dans ce manuscrit.