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Hématologie

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Innovations thérapeutiques dans les leucémies/lymphomes T de l’adulte Article à paraître

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  • Figure 1
Auteurs
1 Department of Experimental Pathology, Microbiology, and Immunology, Faculty of Medicine, American University of Beirut, Beirut, Lebanon;
2 Inserm UMR1163 & CNRS URL 8254, Institut Imagine, Paris, France;
3 Department of Hematology, Necker-Enfants Malades Hospital, University of Paris-Descartes, AP-HP, Paris, France;
4 Department of Internal Medicine, Faculty of Medicine, American University of Beirut, Beirut, Lebanon;
5 Department of Anatomy, Cell Biology and Physiological Sciences, Faculty of Medicine, American University of Beirut, Beirut, Lebanon
* Correspondence

La leucémie/lymphome T de l’adulte (ATL) est une tumeur agressive secondaire à l’infection chronique par le rétrovirus HTLV-I. L’ATL est classée en quatre formes cliniques (aiguë, lymphome, chronique et subaiguë ou smoldering). Le traitement antirétroviral associant la zidovudine (AZT) et l’interféron alpha (IFNα) prolonge significativement la survie des patients atteints des formes indolentes (chronique et subaiguë) par rapport à la stratégie d’observation sans traitement ou à la chimiothérapie conventionnelle. Concernant les formes agressives (aiguë et lymphome), plusieurs essais cliniques ont démontré que les patients atteints de l’ATL lymphome, mais pas de l’ATL aiguë, peuvent bénéficier des associations de chimiothérapie utilisées dans les lymphomes agressifs. L’ATL lymphome peut également bénéficier d’une chimiothérapie d’induction, en association simultanée ou séquentielle, avec une thérapie antivirale à base d’AZT/IFNα. L’ATL aiguë garde un très mauvais pronostic du fait d’une chimiorésistance et d’un déficit immunitaire. L’association AZT/IFNα permet un contrôle à long terme de la maladie chez environ 25-30 % des patients atteints d’ATL aiguë, en particulier ceux qui obtiennent une rémission complète et ceux qui ne présentent pas de mutation de P53. La prophylaxie de la rechute neuroméningée et des infections opportunistes est indispensable dans la prise en charge de ces malades. L’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques permet un contrôle à long terme chez environ un tiers des patients greffés. Malheureusement, seul un faible pourcentage de malades sont allogreffés. Le pronostic des patients réfractaires ou en rechute demeure abominable, même si des résultats encourageants ont été obtenus avec le lénalidomide ou le mogamulizumab. Pour surmonter les problèmes de résistance à la chimiothérapie, et prévenir les rechutes, de nouvelles pistes thérapeutiques basées sur des études précliniques et cliniques de traitements ciblés sont explorées. On peut citer par exemple le trioxyde d’arsenic, de nouveaux anticorps monoclonaux et des thérapies ciblant les modifications épigénétiques. Les vaccins anti-ATL, utilisant des cellules dendritiques activées par des peptides spécifiques de l’oncoprotéine virale Tax, ont induit des réponses immunitaires et cliniques intéressantes. Enfin, ces nouvelles approches thérapeutiques adaptées aux différentes formes cliniques de l’ATL doivent aussi dorénavant prendre en compte la réponse immunitaire et le microenvironnement de l’hôte, y compris les cellules non malignes infectées par le virus HTLV-1. Cette revue présente un aperçu général des études précliniques ou cliniques explorant de nouvelles pistes thérapeutiques de l’ATL.