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Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Quels bénéfices attendre de la supplémentation en protéines pour limiter la perte de masse et de fonction musculaire chez le sujet âgé fragile ? Volume 17, numéro 2, Juin 2019

Auteurs
1 Membres du Groupe Expert Nutrition en Gériatrie (GEGN) sous l’égide de la SFGG
2 Service de médecine gériatrique, CHU Lyon, Groupement Hospitalier Sud, Pierre-Bénite, France
3 Inserm U1060, Oullins, France
4 Département de santé publique et d’épidémiologie, Université de Liège, Belgique
5 Service de médecine gériatrique, Groupe hospitalier Albert Chenevier-Henri Mondor, AP-HP, Créteil, France
6 Service de médecine gériatrique, Hôpital Bichat, AP-HP, Paris, France
7 Service de médecine gériatrique, CHU Nice, France
8 Centre de gérontologie clinique Antonin Balmes, CHU Montpellier, France
9 CHU Clermont-Ferrand, France
10 Service de médecine gériatrique, Centre Hospitalier Villefranche-sur-Saône, France
11 UMR U 557, Inserm U1125 - Inra/Cnam, Paris, France
12 Gérontopôle, CHU Toulouse, Inserm UMR 1027, France
13 Service de médecine gériatrique, Hôpital Bellier, CHU Nantes, France
* Correspondance
  • Mots-clés : fragilité, sarcopénie, nutrition, protéines, supplémentations
  • DOI : 10.1684/pnv.2019.0804
  • Page(s) : 137-43
  • Année de parution : 2019

La préservation de la fonction musculaire constitue un enjeu majeur de prévention du déclin fonctionnel chez les patients âgés. Chez les sujets âgés optimiser les apports en protéines est le prérequis pour éviter ou limiter la perte de la masse musculaire observée au cours du vieillissement. Les études épidémiologiques observationnelles établissent une relation étroite entre la quantité de protéines apportées par l’alimentation et les différents paramètres de la sarcopénie (masse et force musculaire, performances fonctionnelles). Les apports protéiques des patients âgés sont souvent inférieurs aux recommandations, indépendamment des situations de dénutrition, ce qui laisse envisager l’intérêt d’une supplémentation protéique afin de prévenir les conséquences fonctionnelles de la sarcopénie. Les données de la littérature restent actuellement parcellaires, notamment chez les sujets véritablement sarcopéniques, et ne permettent pas de conclusions définitives. Toutefois, Il n’existe pas actuellement d’arguments scientifiques suffisants pour affirmer que la supplémentation en protéines de façon isolée, sans combinaison notamment avec un programme d’activé physique, permet un gain significatif sur la masse musculaire et/ou la force musculaire. La supplémentation en acides aminés essentiels comme la leucine a montré des bénéfices qui restent à démontrer chez le sujet âgé à court comme à long terme. Le meilleur niveau de preuve est apporté par l’association exercice-nutrition mais là encore, les données restent rares chez les sujets âgés fragiles.