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Environnement, Risques & Santé

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Surveillance environnementale et recommandations sanitaires lors de l’incendie Lubrizol/NL Logistique. Des premières mesures aux actions de long terme Volume 20, numéro 2, Mars-Avril 2021

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
Auteurs
1 Chef du service risques DREAL NormandieCité administrative
2, rue Saint-Sever
76032 Rouen cedex
France
2 Responsable adjoint du pôle santé-environnement – responsable de l’unité départementale 76
Direction de la santé publique
ARS Normandie
Esplanade Claude Monet
2, place Jean Nouzille
CS 55035
14050 Caen Cedex 4
France
* Tirés à part

Le 26 septembre 2019 avait lieu un incendie spectaculaire à Rouen, sur les sites des entreprises Lubrizol et NL Logistique. Le suivi environnemental et sanitaire qui a été mis en place, d’une ampleur exceptionnelle par le nombre d’analyses et la surface couverte par ces études, illustre les différentes étapes qui doivent être mises en place en période de crise et la multiplicité des acteurs qu’il faut coordonner pour l’organiser et en relayer les recommandations à la population et aux professionnels. L’article montre, pour chaque échelle de temps, le suivi mis en place, son objectif, et la manière dont il a été utilisé et communiqué au public et aux professionnels.

Sur le temps court, les premières analyses et les modélisations théoriques réalisées en amont dans le cadre de l’étude des dangers du site ont permis d’établir l’absence de risque de toxicité aiguë pour la population au niveau du sol.

Sur le plus long terme, la qualité de nombreuses matrices a été suivie pour une très large gamme de contaminants molécules. Cet article présente plus en détail deux des études : l’interprétation de l’état des milieux, portant sur les sols et végétaux, et le suivi de la qualité de l’eau potable. Les résultats sur l’ensemble des matrices sont restés conformes aux seuils sanitaires ou, lorsqu’il n’en existait pas, au bruit de fond, sauf pour quelques points singuliers liés à un contexte local et pour le cœur de l’incendie (notamment pour le benzène). Enfin, pour ce qui concerne les sols, de nombreuses incompatibilités et vulnérabilités ont été relevées pour les paramètres plomb et parfois l’arsenic dans les végétaux, sur plus d’une centaine de communes de la Seine-Maritime et des Hauts-de-France. L’étude attribue toutefois ces résultats à des pollutions historiques, et non à l’incendie du 26 septembre 2019. Une levée de doute et une information des collectivités sur ces zones sont en cours.