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Environnement, Risques & Santé

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Contamination des milieux aquatiques par les résidus de médicaments : exposition, risques écotoxicologiques, antibiorésistance et leviers d’actions Volume 22, numéro 5, Septembre-Octobre 2023

Illustrations


  • Figure 1

  • Figure 2

  • Figure 3

  • Figure 4

  • Figure 5

  • Figure 6

Tableaux

Auteurs
1 Groupe de recherche, animation technique et information sur l’eau (Graie) Campus LyonTech La Doua CS 52132 – 69603 Villeurbanne Cedex France
2 Université Clermont-Auvergne, CNRS, Laboratoire Micro-organismes : génome et environnement 49, bd François Mitterrand63001 Clermont-Ferrand France
3 INRAE UR RiverLy 5, rue de la Doua 69625 Villeurbanne France
4 Université de Limoges, Inserm, CHU Limoges, RESINFIT, U1092 2, rue du Docteur MarclandF-87000 Limoges France
5 UMR CNRS 6249, Laboratoire chrono-environnement, Université de Franche-Comté 19, rue Paré 25000 Besançon France
6 UMR CNRS 7285 IC2MP, Université de Poitiers 7, rue Marcel Doré TSA 41105 86073 Poitiers cedex 9 France
7 Institut Agro Dijon, INRAE, Université de Bourgogne, Agroécologie 26, bd Docteur Petitjean21065 Dijon Cedex France
* Tirés à part : V. Lecomte

Cet article est issu des travaux présentés au séminaire PharmaAQUA (9 au 11 mars 2022, Annecy). Il contribue à la  connaissance de la problématique de la contamination des milieux aquatiques continentaux par les résidus de médicaments (RM) et les bactéries résistantes aux antibiotiques (BRA).

La pollution de ces milieux par les RM est d’ampleur mondiale. Les principales sources sont les effluents de stations de traitement des eaux usées (STEU) et l’épandage des produits résiduaires organiques d’origine animale (fumier et lisier). Les cours d’eau français ne sont pas épargnés, avec la présence de RM à des concentrations allant du nanogramme par litre au microgramme par litre selon les molécules.

Cette contamination chronique généralisée engendre des risques et des effets écotoxicologiques, auxquels les communautés microbiennes sont potentiellement vulnérables. Leur altération peut indirectement modifier la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes. L’approche PICT (Pollution Induced Community Tolerance) constitue un outil prometteur pour le diagnostic de la pression chimique par les RM.

Les milieux aquatiques sont pollués par des résidus d’antibiotiques et d’autres contaminants chimiques, qui créent des conditions favorables à la constitution d’un réservoir de gènes de résistance aux antibiotiques (GRA). Les biofilms bactériens et les sédiments sont des zones de piégeage de BRA et de GRA. Leur étude a notamment révélé un enrichissement en BRA et GRA en aval des STEU. La comparaison des effluents urbains et hospitaliers a montré des signatures spécifiques en termes de GRA.

L’amélioration du traitement des eaux usées par les STEU, la réduction des rejets à la source (information, sensibilisation et changements de pratiques) et un meilleur encadrement de la production des médicaments sont autant de leviers qui sont étudiés pour maîtriser cette pollution. Ils appellent des efforts multiples et coordonnés de l’ensemble des acteurs de cette problématique à l’interface des mondes de la santé humaine, de la santé animale et de l’eau.