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Epilepsies

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Crises à manifestations négatives : à propos d’un cas exploré en stéréoélectroencéphalographie Volume 13, numéro 2, Avril - Mai - Juin 2001

Auteurs
7, rue du Maréchal-Joffre, 35000 Rennes, France.

Nous rapportons le cas d’un patient né en 1964, droitier sans antécédent particulier, présentant des crises depuis l’âge de 20 ans. Il décrit dans les crises les plus légères une gêne pharyngée isolée. Dans les plus sévères, cette gêne est suivie d’une impression de paralysie progressive motrice et d’une aphasie. Les électroencéphalogrammes (EEG) intercritiques sont normaux ou montrent des ondes lentes delta fronto-temporales gauches. Les crises enregistrées en vidéo-EEG sont comparables à celles sus-décrites. Il n’existe ni signes végétatifs ni rupture de contact ni automatismes oro-alimentaires ou autres. Il n’y a pas de modification du tracé EEG pendant les crises. L’imagerie par résonance magnétique montre une atrophie de l’hippocampe gauche, la tomographie par émission de positons et la tomographie d’émission mono-photonique trouvent des anomalies de perfusion et du métabolisme temporal gauche. Lors de l’exploration par stéréoélectroencéphalographie (SEEG), nous avons montré qu’une décharge limitée aux structures limbiques gauches se traduit par une striction angoissante de la gorge isolée. L’inhibition motrice n’apparaît que lorsqu’il existe une désorganisation secondaire du lobe frontal sous forme d’ondes lentes. Cette observation a plusieurs intérêts. Tout d’abord, elle montre l’existence de crises sans signe positif y compris EEG pouvant être prises pour des crises non épileptiques. Elle montre également que des crises avec aphasie ne nécessitent pas obligatoirement la mise en jeu critique d’une aire du langage. Enfin, elle soulève l’hypothèse que les signes cliniques lors des crises d’épilepsie peuvent être liés non pas uniquement à la mise en jeu critique locale mais aussi à une désorganisation à distance.